Dans le souci de relancer l’économie de la sous-région CEMAC affaiblie par la crise financière et la chute du prix de baril de pétrole, les chefs des Etats de l’Afrique centrale, réunis en sommet extraordinaire de la CEMAC ce mardi 31 octobre 2017 à l’hôtel Radisson Blue de N’Djamena, ont signé l’engagement de la libre circulation des biens et des personnes, la Suppression des visas, la mise en place du passeport CEMAC et l’ouverture effective des frontières avec création des postes sécurisés. Mais pourquoi un sommet extraordinaire pour traiter d’un problème ordinaire ?

 

La problématique de la libre circulation des biens et des personnes dans l’espace CEMAC a toujours été à l’ordre du jour des rencontres des Chefs d’Etat de ladite sous-région, mais l’effectivité des décisions et engagements pris fait aussi toujours défaut. Plusieurs sommets et réunions ont eu lieu sur ce sujet, mais l’on est encore loin de voir la réalité sur le terrain. Est-ce que ce sont les Chefs d’Etat qui refusent de rendre effective et pratique ce principe de libre circulation des biens et des personnes dans l’espace CEMAC ? Pourquoi l’économie de la sous région CEMAC est toujours à la traine par rapport à celle des autres du continent ? Comment accélérer l’intégration dans l’espace CEMAC afin de booster son économie ? Voilà quelques pistes de réflexion qui nous permettent comprendre sinon, d’avouer que ce sommet ressemble à une goûte d’eau dans la mer.

En effet, le contexte géographique, politique et social d’Afrique centrale conditionne souvent son développement économie, parce qu’à cause des velléités personnelles, l’intégration effective est foulée au pied. L’absence de la libre circulation des biens et des personnes limitent de manière drastique la capacité des pays à atteindre leurs objectifs de croissance économique à court et moyen et à long terme. Parce que la liberté de circulation constitue dans le contexte actuel de mondialisation un instrument essentiel de matérialisation des politiques d’intégration régionale à travers le monde et particulièrement en Afrique centrale. Au Tchad par exemple, pays enclavé de tout bord, gagnerait mieux si ce principe de libre circulation était réellement appliqué. Car, l’acheminement des produits de première nécessité telles que : les denrées alimentaires et produits pharmaceutiques, dont dépend la majeure partie de sa population est complexe. Les conséquences tant politiques, sécuritaires et sociales sont significatives. Le temps d’acheminement des produits est souvent long et joue ainsi en défaveur des multiples échanges nationaux et internationaux.

« Le point commun des mesures prises ce 31 octobre est la fin de l’obligation des visas. Il est désormais donc possible pour les ressortissants des pays de la CEMAC de voyager d’un pays à l’autre sans visa. Ils devront simplement être détenteurs de passeports biométriques. Mais leurs  voyages ne devront également pas excéder une période de trois mois. » s’est exclamé un membre de la délégation camerounaise. Il est certes vrai que c’est une belle et bonne décision, mais le problème réside souvent dans l’applicabilité de ces décisions au niveau des frontières. Il faut que ces décisions soient suivies des décrets d’application envoyés dans toutes les frontières.

En attendant de voir les choses marcher comme elles ont été décidées, disons chapeau à nos Chefs d’Etat qui se réveillent enfin.

AL KHALIL MAHAMAT IDRISS

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