Les chefs d’État des six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) se rencontreront en août à Yaoundé, au Cameroun. Un sommet exigé par le FMI…

En Afrique centrale, le Fonds Monétaire international (FMI) mène inexorablement la danse. Depuis trois mois, le président en exercice de la CEMAC, le chef d’État camerounais Paul Biya, a envoyé ses émissaires pour un round de négociations assez crucial. Lejeune Mbella Mbella, ministre camerounais des Relations extérieures, a en effet démarré une tournée en Afrique centrale depuis dimanche.

C’est donc officiel, même si la date exacte n’est toujours pas annoncée, les chefs d’État de la CEMAC se rencontreront à Yaoundé en août. Du côté du FMI, on table sur le 18 août. L’instance financière est, semble-t-il, la partie qui a exigé ce sommet. Dans le cadre des programmes nationaux de rééchelonnement des dettes souveraines des pays de la CEMAC, la croissance du PIB annoncée par la BEAC n’aura pas suffi. Le chapelet de réformes que la totalité des pays de la CEMAC ont accepté de conduire n’a pas suffi non plus. Le FMI reste, pour le moment, le patron dans la région.

PRÉVISIONS INFLATIONS 2021

: 0,8 à 2,1 %

: jusqu’à 3,4 %

: 2,3 % niveau CEMAC 3 %

: +3,3 à +5,2 %

Lorsque l’inflation s’accélère, ceux qui détiennent le CAPITAL ou LE TRAVAIL s’enrichissent tandis que ceux qui ont l’emploi s’appauvrissent davantage #MoneySpaces https://t.co/cYEOacyVjz

– Dr. Joseph Marcel Ébola (@CoachingMeNow) July 14, 2021 – Une humiliation pour la CEMAC ?

Le FMI ne s’est jamais caché de son ingérence dans la politique des pays qu’il est censé aider. Aussi, les fonds que le FMI promet aux chefs d’État de la CEMAC, afin de leur imposer ce qui promet d’être un nouveau round de réformes, s’élèvent à 3,3 milliards de dollars. Cette somme ne sera pas distribuée équitablement entre les pays du bloc. Certains, comme la Centrafrique et la Guinée équatoriale, n’auront droit qu’à 240 millions et 57 millions respectivement. Et pendant que le Tchad et le Cameroun se partageront probablement la part du lion des fonds du FMI, les réformes dictées sont sensiblement les mêmes pour le Gabon et le Congo.

Ce sommet, qui n’abordera donc pas la dette, mais la facilité élargie du crédit (FEC), est d’une importance géopolitique capitale. On saura bien assez tôt qui parmi les pays de la CEMAC qu’elles sont les favoris de Kristalina Georgieva. Les chiffres de la zone CEMAC ne sont toutefois pas mauvais : selon la BEAC, la croissance du PIB réel est de 1,3 % et l’inflation de 2,7 %. Le PIB nominal des pays de la CEMAC a donc une croissance négative de 2,9 % en 2021, contre 3,1 % en 2020. Un bilan plutôt positif, donc.

Pourquoi donc le FMI traite-t-il, par exemple, avec le Soudan, dont les finances sont catastrophiques, de la même façon qu’avec les pays de la CEMAC ? Les fonds de développement doivent servir à améliorer la solvabilité des pays de la CEMAC. Grâce à ses promesses, le FMI va rassembler les chefs d’État de la CEMAC pour qu’ils répondent à ses exigences. Un mal pas si nécessaire que cela… Surtout dans la mesure où les réformes du FMI se discutent au niveau national. Les présidents des six pays africains ou leurs représentants risquent de se sentir humiliés par la convocation d’un sommet extraordinaire dont ils ne voulaient pas, à la base.

Tchadanthropus-tribune avec Omar Lucien Koffi

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