Pour 2022, l’institution présidée par l’ancien premier ministre gabonais Daniel Ona Ondo se contentera d’un budget de 94 milliards de francs CFA. S’il paraît en hausse, il cache en vérité une réduction drastique de son train de vie à cause du manque de contribution des Etats membres.

La réunion est loin d’avoir fait le plein. Le 28 février, à l’hôtel Hilton de Yaoundé, l’enjeu était pourtant de taille pour la Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale (CEMAC) : boucler le budget pour 2022.

Convoqués en session extraordinaire par le président de l’institution, l’ancien chef du gouvernement gabonais Daniel Ona Ondo, seuls les ministres de l’économie du Cameroun, du Congo et du Gabon ont assisté à l’évènement. Leur homologue tchadien – nommé seulement la veille -, et ceux de République centrafricaine et de Guinée équatoriale ont préféré ne pas faire le déplacement.

Si officiellement, le budget 2022 est en hausse par rapport à l’année précédente avec une enveloppe de 94 milliards de Francs CFA (143 millions d’euros) contre 89 milliards de francs CFA en 2021, ce dernier est en réalité en trompe-l’œil. En cause : le rechignement des Etats à s’acquitter de la taxe communautaire d’intégration (TCI), censée représenter 1 % des importations de chacun d’entre eux. Collectée dans sa totalité, elle devrait potentiellement s’élever à 97 milliards de francs CFA (147 millions d’euros). Mais pour l’année 2022, les ministres de la CEMAC ont prévu que les recettes de la TCI s’élèveraient seulement 64 milliards de francs CFA (97 millions d’euros). Finalement, le parlement de la CEMAC s’est vu soumettre un budget encore plus bas que celui arrêté par les ministres à Yaoundé : 74 milliards de francs CFA (114 millions d’euros).

L’année précédente, seuls le Cameroun et le Gabon avaient contribué à cette taxe. Afin de pallier le gap de financement, Daniel Ona Ondo doit tabler sur des hausses des aides extérieures, ainsi que sur des baisses de dépenses de fonctionnement et d’investissement dans les 18 structures de l’institution, et particulièrement dans la recherche, les infrastructures, ou encore les dépenses sociales.

Autre espoir pour Ona Ondo : l’hypothétique apurement d’une partie de la dette de la CEMAC auprès de l’Union européenne. Cette dernière est évaluée à 1,4 milliard de francs CFA (2 millions d’euros).

Africa Intelligence

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