Rodrigue Bozizé, le fils de l’ancien chef d’État centrafricain François Bozizé, est décédé il y a quelques jours aux alentours de Sido, à la frontière entre la Centrafrique et le Tchad, des suites d’une longue maladie. Puissant pendant le règne de son père (2003-2013), durant lequel, en plus de ses fonctions d’officier de gendarmerie, il possédait quelques entreprises comme des boîtes de nuit, Rodrigue Bozizé avait fini par le suivre en exil en 2013, puis en rébellion en 2021, avec la création de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC).

Ce décès isole un peu plus François Bozizé, en exil depuis 2023 à Bissau sous la protection d’Umaro Sissoco Embaló, mais visé par un mandat d’arrêt international. Son autre fils, l’ancien ministre de la défense Jean-Francis Bozizé, vit toujours à N’Djamena, mais sans ressources depuis que l’ancien directeur de l’Agence nationale de sécurité de l’ÉtatAhmed Kogri, devenu secrétaire particulier de Mahamat Idriss Déby en début d’année, a décidé de couper les vivres aux chefs de la CPC.

Le versement d’une somme d’argent aux chefs rebelles était une modalité prévue dans le cadre de la feuille de route de Luanda signée en 2021, qui prévoyait, en échange, l’exil au Tchad de ces chefs.

Certains d’entre eux ont pris la parole en avril 2024 pour dénoncer cette suspension, et ont depuis été arrêtés par les autorités tchadiennes, à l’exemple de Mahamat al-Khatim, du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC). Les cadres de la CPC qui avaient refusé de signer la feuille de route sont toujours en cavale, mais impliqués dans le conflit soudanais, à l’image de Noureddine Adam du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et d’Ali Darass de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC, AI du 27/07/23).

Africa intelligence 

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