Au-delà des très voyants membres des Spetsnaz, les forces spéciales qui assurent la sécurité du président Faustin Archange Touadéraainsi que celle de sa résidence personnelle et des bâtiments ministériels à Bangui, tout l’appareil d’État centrafricain est en passe de basculer sous influence russe. Les réserves de minerais, mais aussi les affaires stratégiques et diplomatiques sont désormais aux mains de conseillers issus de la fédération au grand dam des éléments rwandais qui assuraient jusqu’à présent cette mission. Une mise sous tutelle qui inquiète au plus haut point les chancelleries occidentales et les responsables politiques locaux. Analyse.

 

Sécurisation des sites miniers

 

Officiellement arrivés – sans passeport – à Bangui en janvier dernier, les quelque 200 soldats-instructeurs chargés de former au maniement des stocks d’armes livrés gratuitement par la Russie à la Centrafrique, fin 2017, sont désormais… 1400. Un chiffre exceptionnel dans ce pays, traditionnelle base arrière de l’armée française en Afrique. En dehors de la capitale, ces hommes, majoritairement issus des Spetsnaz et immatriculés pour la plupart au sein de la société privée Sewa Security Services, un sous-traitant de l’Etat russe, est posté à proximité de sites aurifères du Nord-Est, dans la région de Birao frontalière du Tchad et du Soudan. Ils défendent également les intérêts d’entreprises minières comme Lobaye Gold, très active dans cette zone sous le régime Bozizé. À ce jour, plus de 470 minerais (or, diamants, uranium) restent inexplorés en Centrafrique. Les dernières sociétés occidentales encore actives dans le secteur ont quitté le pays laissant le champ libre à d’autres opérateurs.

 

Conseiller très spécial

 

Outre sa protection rapprochée assurée, selon Intelligence online(groupe Indigo Publications – par des hommes de la société ChVK Wagner fondée par Dmitri Utkin, ancien officier des forces d’élite, le président centrafricain a recruté Valeri Zakarov, un proche du Kremlin, comme conseiller chargé de la sécurité. Ce domaine sensible était autrefois la chasse gardée française. François Bozizéa longtemps recouru au général Jean-Pierre Perez, patron de la société EHC. Désormais relais de Moscou au palais présidentiel, Valeri Zakharov n’hésite pas à s’impliquer directement et personnellement face au regain de violence qui secoue le pays. Il s’est notamment rendu au PK5, quartier à dominante musulmane de Bangui, pour s’enquérir de la situation après les graves tensions entre les milices et les Casques bleus de la Minusca, le 10 avril. Deux semaines plus tard, le 28 avril, des “négociateurs” russes ont débarqué à bord d’un Cessna sur l’aérodrome de Kaga-Bandoro (Centre) pour s’entretenir avec Abdoulaye Hissène et Noureddine Adam, les leaders du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), émanation de l’ex-rébellion Séléka qui contrôle tout le Nord-Est. Des initiatives très mal perçues par la classe politique centrafricaine et plusieurs partenaires étrangers.

 

Expansionnisme

 

Cette emprise sur la situation et l’appareil sécuritaire intervient alors que les États-Unis financent plusieurs programmes d’équipement des Forces armées centrafricaines(Faca). La France, qui évite de côtoyer les envoyés de Moscou logés dans le camp de Bérengo, à une soixantaine de kilomètres de la capitale, reste pour sa part visible à travers une unité de sept drones et 80 personnels militaires. Au-delà des intérêts plus ou moins cachés, ce dispositif sert le réinvestissement de la Russie en Afrique après son retrait consécutif à la fin de la guerre froide. La Centrafrique permet d’ailleurs à la fédération d’être au carrefour d’autres pays en crise ouverte (Congo-K, Congo-B, Gabon). De quoi multiplier ses offres de service dans la sous-région et au-delà.

 

La Lettre du Continent

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  • Et alors? Si cette approche russe est salutaire pour les Centrafricains, que nous importe le reste? La France a fait quoi en Centrafrique depuis qu’elle y est avant les indépendances jusqu’à ce jour? A part, bien entendu, Piller, Piller, Piller et Tuer et faire assassiner des Centrafricains. A croire réellement quelle est un agent du diable!

    Commentaire par GOYEMA Jacob le 15 mai 2018 à 9 h 53 min
  • Les minerais sont là disponibles, les Russes peuvent les exploiter à suffisance. Nous ne voulons que la paix. La France s’est beaucoup leurrer en pensant que les Africains sont encore immatures. Quand la Russie aura réussi à instaurer la paix en Centrafrique, leur service sera réclamé dans d’autres pays d’Afrique . Adieu la France en Afrique. On est fatigué de vous.
    Si les Russes aussi changent leur politique dans le sens contraire au détriment de nos intérêts alors les Africains changeront ensuite de Partenaires.
    La Bible déclare que celui qui a des oreilles entendent. Dieu est juste, Il ne peut pas nous donner des ressources du sous sol et autres pour nous laisser mourir par dessus tout dans l’extrême pauvreté.

    Commentaire par MBADINGAI Sylvestre le 15 mai 2018 à 12 h 02 min
  • Bonjour…
    Les américains, français,russes etc sont tous des loups de même forêt.
    Les africains doivent croire à leurs propre personne et non les autres. l’Occident n’est pas né riches.
    l’Occident l’était comme l’Afrique est aujourd’hui.

    Commentaire par Ahamat molly hamit le 15 mai 2018 à 17 h 25 min
  • […] Central African Republic was no secret. That, however, is probably disingenuous. There have been reports in the regional media that there are many more Russians in the Central African Republic than the […]

    Ping par Death, Diamonds and Russia’s Africa Project | Capsight News le 7 août 2018 à 11 h 24 min