Selon la radio allemande Deutsche Welle l’attaque survenue en territoire tchadien a été condamnée par le régime en place à Ndjamena.

 

Les deux leaders rebelles ont été tués à leur retour du Qatar où ils ont signé le 6 avril 2013, un accord de paix avec le pouvoir du Soudan. Or une partie de leur mouvement rebelle d’origine, le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) est opposée aux négociations démarrées depuis juillet 2011 au Qatar. L’embuscade qui a coûté la vie aux deux hommes est donc attribuée à des combattants appartenant à la faction rebelle hostile à l’accord de Doha.

 

 
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Dr. Khalil Ibrahim, leader historique du MJE (centre) et d’autres chefs rebelles à une table de négociations


Le pouvoir au Tchad se sent concerné

Selon des informations émanant du ministère tchadien des affaires étrangères, l’assassinat serait survenu dans une zone située dans l’est du Tchad à la frontière avec le Soudan. Dans un communiqué en date du lundi 13 mai 2013, la diplomatie tchadienne dit condamner "énergiquement" la mort des deux chefs rebelles. Mais selon Acheik Ibni Oumar, ancien ministre des affaires étrangères du Tchad et actuellement basé en France, la réaction énergique du gouvernement tchadien révèle l’antagonisme existant au sein du régime à Ndjamena: «Cet incident malheureux reflète plus les luttes au sein du régime à Ndjamena que les luttes au sein du Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE) du Darfour. Au sein du régime de Ndjamena il y a une aile au sein de la famille (du président) Deby Itno, à commencer par son frère, le sultan déchu Timan Déby qui soutient l’aile de Khalil Jibril leur leader légitime, et une aile dissidente que soutient Idriss Déby lui-même. Donc ça reflète aussi un conflit interne au sein du pouvoir tchadien.»


Quelle conséquence sur le terrain
?


Est-ce que la mort des deux chefs rebelles aura une conséquence négative sur les efforts de paix au Darfour notamment l’accord de paix de Doha? Non, selon l’humanitaire Jacky Mamou spécialiste de la crise du Darfour. Pour lui, l’accord de Doha n’était d’ailleurs aucune garantie de paix: «
Il n’y a aucun groupe important qui a signé ces accords de paix! Ce ne sont que des petits groupes marginaux qui se sont engagés dans un processus de paix qui est sans cesse interrompu et qui n’a aucune valeur efficace sur le terrain. Il n’y a pas de processus de paix au Darfour! C’est une blague! C’est la blague que prolonge éternellement le gouvernement soudanais pour donner quelques gages à la communauté internationale et pendant ce temps il continue ses exactions.» Le Darfour est le théâtre d’un conflit qui a commencé en 2003 avec le soulèvement de groupes non arabes contre le régime de Khartoum et a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés, selon l’ONU. Khartoum parle de 10.000 morts. 
Par dw.de
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