• Le président tchadien Idriss Déby et sa femme Hinda ont écarté tous les cadres disposant d’une expérience pétrolière pour placer des affidés. Le récent procès contre Exxon Mobil dans lequel la justice tchadienne réclame 74 milliards $ est le dernier témoignage d’un manque de communication entre Etat et pétroliers – La faute au manque cruel d’experts pétroliers dans le pays – Le Tchad doit désormais gérer un arbitrage à Paris et pourrait très bien perdre.
  • Un ministère sans expert
  • La nomination, en 2016, du ministre du pétrole Béchir Madet, n’a été qu’une demi-surprise. Celui-ci est depuis longtemps le notaire de la famille du président Idriss Déby dont il connaît tous les secrets, notamment au sujet des acquisitions de propriétés à N’Djamena. Cependant, contrairement à ses prédécesseurs, sa nomination a marqué une rupture, le nouvel impétrant n’ayant aucune compétence dans le pétrole. Or, Madet ne peut guère compter sur ses cadres au ministère. Le secrétaire général du ministre, Adoum Mahamat Adoum, est un métrologue de formation d’à peine 35 ans, n’ayant eu auparavant qu’un seul poste comme contrôleur des barils arrivant à Kribi en provenance des gisements de Doba. Adoum est devenu secrétaire général grâce à l’ancien ministre Djerassem Le Bemadjiel, dont il était le promotionnaire à la faculté de N’Djamena. Quant au secrétaire général adjoint (SGA) Yoboussoum Nodjitoloum, juriste formé à Brazzaville puis dans les mines en Algérie, il a été directeur administratif et financier puis directeur des affaires juridiques avant de prendre son poste de SGA en 2008 et d’être détaché pour un an à la société des hydrocarbures du Tchad. Il rédige tous les courriers officiels et est le seul à connaître les dossiers pétroliers par cœur. Il assiste à toutes les réunions et peut bloquer ou faire avancer des dossiers, mais n’a aucune compétence pour négocier. Le ministre craint Nodjitoloum, qui est le seul à disposer de certaines informations.
  • La SHT démuni
  • Le management de la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT) a été totalement modifié fin 2016. Son nouveau patron, Tahir Hamid Nguilin, est un banquier, ex-vice-gouverneur de la BEAC. Alors que le poste de gouverneur de l’institution devait normalement revenir au Tchad, Idriss Déby a préféré exfiltrer le fonctionnaire à la SHT. Quant à son adjointe, Aziza Mariam al-Bachir Ahmat, si elle vient du secteur pétrolier (elle a notamment travaillé chez Glencore), c’était au titre de comptable.Les pétroliers écartés par Hinda
  • En dehors d’Atteib Abdessalam, le conseiller pétrole à la présidence (ex-Exxon Mobil), plus aucun cadre en place ne maîtrise le secteur pétrolier au Tchad. La plupart d’entre eux a été écarté par la première dame, Hinda Déby. C’est le cas de Mahamat Nasser Hassan, l’ancien ministre du pétrole (ex-Exxon Mobil), à présent ambassadeur à Washington, ou encore de Mahamat Kasser Younous, l’ancien numéro un de la SHT, qui vit en France.
  • Tchadanthropus-tribune avec la lettre du Continent.
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