Le statut réservé aux employés tchadiens de la major d’État chinoise CNPC, premier opérateur pétrolier du pays, par rapport aux expatriés a attiré l’attention d’un député tchadien. Mahamat Mouhsine Adam va interpeller le premier ministre et le ministre du pétrole.

Le traitement différencié subi par les personnels tchadiens du géant China National Petroleum Corp. (CNPC) par rapport aux employés expatriés – et notamment chinois – sera bientôt évoqué devant le Conseil national de transition (CNT) tchadien. Les 93 membres de cet organe ont été nommés en octobre par le président du Conseil militaire de transition Mahamat Idriss Déby. Ils remplacent les députés de l’Assemblée nationale élus en 2011.

Le président de la commission affaires étrangères et coopération internationale du CNT, Mahamat Mouhsine Adam, a prévu d’interpeller cette semaine au sujet de CNPC le premier ministre tchadien de transition, Albert Pahimi Padacké, celui de la fonction publique Brah Mahamat, ainsi que le tout nouveau ministre du pétrole Djerassem Le Bémadjiel. Ce dernier avait déjà occupé cette fonction entre 2013 et 2016. En septembre 2021, il avait été arrêté chez lui, à la suite d’une plainte de l’Inspection générale d’État (IGE) du Tchad (AI du 18/01/21), qui lui reprochait d’avoir approuvé le paiement de 25 factures d’un montant cumulé de 16,9 millions de dollars au consultant Alex Stewart International. Les charges de « détournement de deniers publics » ont finalement été abandonnées par la Cour suprême le jour de sa nomination en remplacement d’Oumar Torbo Djarma, le 25 février.

Différence de salaire

La question du statut des employés tchadiens de CNPC sera l’un des premiers dossiers pétroliers portés à sa connaissance par le CNT. Premier opérateur pétrolier du pays, CNPC est soupçonné de fouler au pied toutes les législations en vigueur (jours de repos, code du travail). Le sujet est revenu sur le devant de la scène à la faveur de la crise du Covid-19, pendant laquelle CNPC a demandé à son personnel local d’allonger considérablement la durée des périodes de « rotations », soit le temps passé en continu sur ses sites pétroliers (AI du 27/08/21). Le statut de main-d’œuvre de seconde zone des employés locaux est également accentué par la différence de salaire avec les personnels expatriés, chinois, mais aussi issus des pays frontaliers comme le Soudan. Dans son intervention, Mahamat Mouhsine Adam prévoit d’indiquer qu’« un Soudanais gagne 9 millions de francs CFA (environ 15 000 dollars) en 28 jours (…) contre environ 475 mille francs CFA (800 dollars) » pour un employé tchadien.

Enfin, alors que la loi interdit à un employé étranger de travailler dans une entreprise au Tchad plus de deux ans, Mahamat Mouhsine Adam indique que plusieurs cadres de CNPC ont passé quatre ou six ans au Tchad. Actuellement, aucun Tchadien ne figure parmi les huit directeurs généraux adjoints de CNPC.

Tchadanthropus-tribune avec Africa intelligence

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