Le 12 octobre dernier, le Premier ministre, Emmanuel Nadingar a effectué une visite, qu’il prétend inopinée, dans quelques services des finances, en l’occurrence à la Direction de la solde, à l’ordonnancement et au Trésor.
Le Premier ministre entend à travers cette visite s’enquérir des raisons du retard dans le paiement des salaires du mois de septembre et en même temps constater les fonctionnements de ces différents services en cette période de crise sociale. « Le Tchad n’a aucune raison de retarder le paiement des salaires de ses fonctionnaires », devait indiquer le Chef du Gouvernement. Il voudrait faire porter le chapeau aux pauvres fonctionnaires de ces différents services, alors qu’il savait pertinemment que c’est la période de grève. Premier mauvais jeu de camouflage. Le 6 novembre dernier, il a récidivé avec une série de visites inopinées à l’Hôpital Général de Référence Nationale (HGRN), à l’Hôpital de la Mère et de l’Enfant, à l’Hôpital de l’Union et à l’Hôpital de l’Amitié Chine-Tchad. Pour cette fois-ci, selon ses proches collaborateurs, l’objectif est d’évaluer et de constater les mesures prises par le Gouvernement par rapport à la grève sèche perlée déclenchée par l’Union des Syndicats du Tchad (UST) depuis bientôt un mois. Mais tout ceci n’est que du folklore, du trompe-œil, voire de la villégiature. Ne sachant pas grand-chose à faire, le PM ne trouve mieux que de se promener et de peigner la girafe. Les solutions à la fronde sociale lancée par l’UST ne se trouvent pas dans les promenades, moins encore dans les agissements stériles, les intimidations et les dissuasions. Sur ce coup-là, Emmanuel Nadingar n’a vu que du feu.
Tenez ! Loin d’être inopinées, ces visites n’ont pas surpris les agents de ces services. Par solidarité, les agents dans les services de finances et les hôpitaux se sont informés d’avance. Juste après le départ de la délégation du Premier ministre, c’est le quartier libre. Plus Aberrant, dans les centres de santé où devait se rendre le PM, des gardes malades sont devenus des agents de santé. Beaucoup de ceux qui étaient présents ne sont que des stagiaires ou des agents de la Croix Rouge. C’est bien malheureux. Le chef du gouvernement qui doit certainement avoir une idée de ce carnaval, voudrait faire avaler la pilule à tout le monde. Il argue que les centres de santé sont ouverts et fonctionnement normalement et que, par conséquent, la population est libre de les fréquenter. Ceci ressemble à des plaisanteries de mauvais aloi.
De toutes les manières, cette politique de l’autruche que mène Emmanuel Nadingar dénote de l’usure du pouvoir. Il est clair que Monsieur le PM est dépassé par les circonstances. C’est donc la population qui est exposée. L’usure du pouvoir se caractérise par la perte du contact avec la réalité, c’est ce qui arrive à Emmanuel Nadingar, et se traduit le plus souvent par une perte de légitimité vis à vis des citoyens. Bien dommage. Aux commandes de ce pouvoir usé, le chef du gouvernement ne se rend plus compte de son bilan catastrophique. C’est pourquoi, il se fond sur des jugements insensés et excelle dans les fuites en avant qui deviennent son ultime bataille. L’articulation des différents comportements autour des actes d’Emmanuel Nadingar, les ambiguïtés qui existent dans ses discours lors de ces visites, témoignent résolument, que l’homme ne peut rien à cette crise sociale.
Toutefois, l’on ne disconvient pas de sa volonté à résorber ce vent de fronde sociale. Peut-être. Mais une chose est claire. Notre très cher chef de gouvernement a les mains liées et il n’a pas le pouvoir de décider. D’ailleurs, il n’osera pas le faire. Plutôt que de jouer à ce jeu qui ternit aussi bien sa personnalité que l’image du pays, une solution s’impose. Démissionner ! Il est encore temps que le chef de gouvernement sauve sa face en rendant le tablier, car gouverner un pays, nécessite la crédibilité et la légitimité populaire. Il est aussi vrai que la culture de la démission, n’est pas le fort des Tchadiens. Néanmoins, il faut bien quelqu’un pour donner le coup d’envoi. Nous espérons qu’Emmanuel Nadingar est bien placé pour le faire. Ce sera un bon exemple pour la Renaissance et la démocratie tchadienne.
Madjingar Edmond
TchadPages, Convergence pour une Émergence Citoyenne au Tchad

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