Chers camarades du Comité d’Auto Défense, si je vous adresse cette lettre aujourd’hui, c’est parce que je souhaite vous annoncer ma démission du Comité D’Auto Défense. Cette décision j’aurais préféré n’avoir jamais à la prendre. Elle est la résultante d’une certaine déception et d’un appel vers d’autres voies pour trouver, avec toutes les bonnes volontés, une solution pacifique et définitive à la question de Miski.

Il y a exactement huit mois, j’intégrais le Conseil Exécutif du mouvement avec la forte volonté d’apporter ma modeste pierre à la construction d’une société plus juste et plus démocratique, non pas limité au Tibesti mais à tout le Tchad. Sociologue de formation spécialisé en criminologie et gestion des conflits, je ne comprends que très bien la complexité des conflits miniers et la souffrance qu’engendre pour les populations, ces interventions militaires disproportionnés et aux conséquences catastrophiques. Mes années de service m’ont aussi et surtout appris le sens de l’autocritique et de la remise en cause permanent.

Ces huit mois ont été pour moi ceux d’une profonde réflexion sur la stratégie à adopter pour sortir de l’impasse ; impasse tant militaire que politique. Je suis arrivé à la conclusion que seule la voie du dialogue peut nous permettre d’espérer une paix des braves. Je n’ai pas la prétention d’avoir la solution miracle à l’imbroglio actuel. Loin s’en faut. Je peux me tromper, c’est humain, mais je préfère me tromper en choisissant la voie de la paix que d’avoir raison en choisissant celle de la guerre. Ma démission ne signifie pas une certaine résignation à la cause du peuple Tchadien, c’est un retour à d’autres moyens et d’autres mécanismes.

Voici, chers camarades, les raisons qui me conduisent à vous présenter ma démission du Conseil Exécutif du Comité d’Auto Défense.

Youssouf Mardakoré Adili

Metz France,

Le 03 Août 2019

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