Dans un communiqué adressé à Tchadanthropus-tribune, l’exécutif de l’ANCD dénonce "les impostures et les manœuvres de diversions orchestrées par Idriss Deby pour se dérober et occulter ses propres implications dans la période concernée par procès organisé par le Sénégal"


La veille, dans une déclaration, le ministre de la justice de Deby avait annoncé avoir lancé des mandats d’arrêt internationaux contre des personnalités de l’opposition tchadienne dont Mahamat Nouri, pour comparution au procès de l’ancien Président Habré. "S’il y a quelqu’un qui aurait commis des crimes c’est bien Idriss Deby". Selon ces textes, l’actuel président tchadien est d’une telle cruauté qu’on l’a surnommé "le com chef qui ne fait pas des prisonniers", poursuit le texte. "Idriss Deby s’est particulièrement illustré par sa cruauté à la mort de son frère, Hamit Deby, en 1983 à Kalait, en massacrant plus d’une soixantaine de prisonniers de guerre de l’ex GUNT", affirme le communiqué. "En septembre de la même année, c’est au sud du Tchad que la folie meurtrière d’Idriss Deby s’abat sur la population civile. Des enfants, des femmes et des vieillards ont été froidement calcinés dans leurs cases", poursuit le communiqué.


L’affaire Habré est pendante devant des chambres spéciales créées auprès des juridictions sénégalaises. Elle s’est dotée d’un statut qui en son article 10 aliénas 3 préconise que "la responsabilité pénale individuelle" ne peut être absout par "la pertinence de la qualité officielle" des accusés. 


L’ANCD rappelle que selon le statut de ces chambres, "la qualité officielle d’un accusé, soit comme Chef d’État ou de Gouvernement, soit comme haut fonctionnaire, ne l’exonère en aucun cas de sa responsabilité pénale au regard du présent Statut, plus qu’elle ne constitue en tant que telle un motif d’atténuation de la peine encourue". Toute dérogation à ces textes entame non seulement la crédibilité de ces chambres, mais consacre une parodie pour distraire l’opinion, voire pire, une mascarade pour régler des comptes, souligne le communiqué.


L’ANCD exprime par ailleurs son étonnement face au silence de la communauté internationale "sur le fait qu’Idriss Deby, l’un des principaux prévenus dans ce procès, lance des mandats d’arrêt internationaux, s’arrogeant ainsi le rôle de juge à la place de ces chambres sénégalaises". "Ce procès qui commence par un accord de coopération judiciaire entre Deby et Sall et dont les prémices n’étaient autres que les répressions exercées sur un paisible bloggeur tchadien réfugié au Sénégal, nous pousse à se poser des questions non seulement sur sa fiabilité mais aussi sa rectitude voire son impartialité", conclut le communiqué.

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