Lors des échanges à la 5e édition de la conférence des gouverneurs, les représentants du chef de l’Etat dans les provinces ont présenté les multiples défis auxquels ils sont confrontés dans leurs provinces respectives

 

Chaque gouverneur est passé devant l’assemblée composée de ministres, délégués des ministères et autres personnalités publiques pour présenter sa province. Plusieurs maux qui minent le développement des provinces ont été relevés par ces derniers.

 

La province du Lac

 

La province du lac est un vaste territoire qui a une superficie de 22 230 km carré selon le gouverneur, Adoum Moustapha Brahim. Il indique que malgré ses potentialités, le Lac fait face à une panoplie de défis d’ordre sécuritaire , climatique et autres. Selon le gouverneur, les attaques inattendues de la secte Boko Haram ont entraîné des dégâts tant matériels qu’humains. Il a cité l’enlèvement des bœufs, jeunes, femmes qui ont provoqué un déplacement massif de population. « Actuellement la province compte 20 582 000 réfugiés femmes, hommes et enfants », a t-il expliqué.

 

Sur le plan climatique, la réduction drastique du domaine agro-sylvo-pastoral a été pointé du doigt. L’inondation des surfaces cultivables associée à d’autres facteurs ont fait planer des inquiétudes alimentaires et nutritionnelles, a-t-il ajouté. Le gouverneur Adoum Moustapha Brahim, a mentionné que les autorités peinent à effectuer des déplacements dans ladite province. « Nos déplacements exigent des moyens en terme de véhicules. A cela s’ajoute la mobilité des agents de renseignement qui nous fournissent des informations. La trésorerie provinciale n’arrive pas à couvrir les dépenses sécuritaires dans notre zone ».

La province du Kanem

 

Située à l’ouest du pays, la province du Kanem a répondu présent à la 5e conférence des gouverneurs. Le gouverneur du Kanem, Issaka Hassane Jogoï, a saisi l’opportunité pour exposer les défis auxquels lui et ses collaborateurs font face. Une zone d’élevage, la province du Kanem éprouve des difficultés en termes d’infrastructures matériels y compris les moyens roulants. « La province compte 5 départements dont un seul est doté d’une résidence et bureau. Les 4 autres préfets sont logés chez les particuliers et n’ont pas de bureau ». Il a jouté que «les différents corps de force de défense et de sécurité ne disposent pas suffisamment de ressources humaines et matériels nécessaires pour le maintien de l’ordre et de la sécurité de la population ». Au delà des difficultés liées aux déplacements, plusieurs infrastructures de l’Etat en construction telles que l’institution supérieure de pétrole de Mao, l’hôpital provincial de Mao, centre multimédia sont inachevés pour des raisons qu’on ignore conclut-il.

 

Logone Occidental

 

Le gouvernement de la province du Logone Occidentale, Ibrahim Ibni Oumar Mahamat Saleh a présenté brièvement sa zone. Selon lui, elle rencontre aussi d’énormes difficultés notamment l’insuffisance des moyens financiers et matériels d’où la nécessité est de « doter la province des moyens pour des ambitions », a-t-il indiqué. Sur le plan des infrastructures routières, Ibrahim Ibni Oumar Mahamat Saleh a plaidé pour le renforcement des infrastructures, du personnel de l’administration et du crédit de service pour les différentes entités administratives.

Hadjer Lamis

 

Comptée parmi les 23 provinces du Tchad, la province de Hadjer Lamis a été représentée par son gouverneur Ahmat Alkhouder Ali Fadoul. Ce dernier a expliqué les problèmes de sa province en espérant apporter une amélioration. La province de Hadjer Lamis rencontre des problèmes d’ordre sécuritaire et financier. « Sur le plan administratif, il faut la construction des bâtiments pouvant abriter les autorités administratives pour rapprocher les administrateurs aux administrés. Doter tous les sous-préfets en moyens roulants ».

 

Sur le plan de l’éducation, le doute plane. A Hadjer Lamis, l’école se porte tant bien que mal avec une réticence d’envoi des enfants à l’école surtout dans le département de Dababa, a indiqué le gouverneur. « Cela nécessite une campagne de sensibilisation et un appui », a-t-il plaidé devant les autorités de N’Djamena et ses collègues. S’agissant de la sécurité, « nous notons des cas de menaces de coupeurs de route, bravache et vols des véhicules des Organisations non-gouvernementales (ONG), des particuliers et du bétail. A cela s’ajoute le trafic d’arme, munition et équipements de guerre, des stupéfiants sans oublier les trafics des enfants a souligné Ahmat Alkhouder Ali Fadoul, gouverneur de Hadjer Lamis.

 

Le Tchadanthropus-tribune avec Tchad info

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