Dans la zone méridionale du pays, dans le village de Borou à 60 km de Moundou, la capitale économique du pays, des éleveurs avaient perdu une vache jeudi dernier et ils ont réussi à la localiser sur la propriété d’un cultivateur.

Les éleveurs ont dépêché l’un des leurs pour réclamer leur vache, mais les cultivateurs l’ont tué à l’issue d’une dispute, selon le magistrat Brahim Ali Kola. Lors de son enterrement, le même jour, les cultivateurs organisés pour la circonstance ont attaqué de nouveau les éleveurs présents à la cérémonie.

Dans ce conflit, il y a au moins dix morts, dont le bouvier envoyé pour récupérer la vache, a précisé le procureur à son retour dimanche des lieux d’assassinat. Toutes les victimes sont des hommes, membres d’une communauté d’éleveurs arabes, selon le procureur de Moundou.

Quarante-trois personnes impliquées dans ces violences ont été arrêtées, dont deux chefs de canton et quatre chefs de village, a ajouté le magistrat. Les combats entre communautés sont fréquents dans le sud du Tchad, où nombre d’habitants sont armés. Ils opposent principalement éleveurs nomades arabes et cultivateurs autochtones sédentaires, qui accusent les premiers notamment de saccager leurs champs en faisant paitre leurs animaux.

Le sud du Tchad, au climat et à la végétation plus cléments, attire depuis longtemps les éleveurs des zones sahéliennes désertiques du Nord, et est une région de transhumance. Certaines communautés nomades arabes s’y sont installées de longue date et s’opposent aux agriculteurs autochtones dans des conflits fonciers.

Tchadanthropus-tribune avec l’AFP

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