Le Tchad vit des heures graves, et le premier à y être interpelé est le gouvernement tchadien à travers le régime d’Idriss Déby Itno.

Comment comprendre que dans d’autres cieux, la vie d’un citoyen est prise avec un accent très particulier par les gouvernants du pays concerné, alors que dans notre pays, des Tchadiens meurent par nombre important sans qu’on ressente un sérieux dans les décisions de l’État ?

Depuis plusieurs semaines, et bien avant le début de l’année, un conflit grave sévit entre les communautés Arabes et Ouaddaiennes sans que les autorités du régime Déby ne se prononcent officiellement. Des dizaines de Tchadiens meurent et cela n’émeut pas le premier des Tchadiens, même pas un mot lors de son allocution pour le Nouvel An. À croire que les conflits entre communautés diverses encensent ce régime par l’insécurité que cela présente.

Depuis fort longtemps, cet aspect du problème est devenu un fonds de commerce pour le régime d’Idriss Déby vis-à-vis des Occidentaux et ses partenaires à l’international. Le pouvoir MPS a toujours mis en avant l’aspect insécurité pour faire peur et solliciter l’aide étrangère et faire asseoir sa longévité au pouvoir. Le terme après moi le déluge est exploité dans son épicentre initial.

Qui ne pourrait soupçonner que le régime Déby ne serait pas le pyromane de tous ces incidents ? En tous cas, c’est ce qui se dit un peu partout y compris auprès d’une large frange de la population tchadienne. Certains y avancent même des preuves sur l’allumage des faisceaux fait par le pouvoir de N’Djamena. L’hypothèse est entretenue par l’entourage du pouvoir tchadien. Le silence d’Idriss Déby dans l’affaire, ou les diverses recommandations faites aux gouverneurs face aux problèmes sont assez légères et portent à équivoque, car, aucun citoyen ne pourrait croire que le pouvoir actuel ne pourrait instaurer le calme s’il le voulait réellement. C’est pourtant ainsi qu’Idriss Déby est intervenu partout ailleurs pour soi-disant aider à asseoir la paix, de par ses interventions çà et là. Aujourd’hui le feu se consume dans son foyer, et lui l’observe avec détachement et calcul.

Les Tchadiens doivent se ressaisir, car si la situation à l’exemple actuel perdure, c’est notre pays qui ira en lambeaux. Les exemples du Rwanda et ailleurs sont là pour nous les rappeler.

Qu’est-ce qui manquerait aux Arabes et aux Ouaddaiens jusqu’à s’entretuer et faire véhiculer la haine ?

Jusqu’à un passé très récent, ces deux communautés ont vécu dans la paix et la concorde, alors pourquoi soudains on véhicule le mépris et les insultes par simple égocentrisme ?

Les problèmes entre agriculteurs et éleveurs ont toujours existé, et cela dans beaucoup des pays du Sahel et au-delà de cette contrée. Sans complaisance, les autorités dans d’autres pays ont su ajuster la balance du droit, et les mesures des lois sans qu’une situation à cet exemple ne prenne une trajectoire macabre. C’est au Tchad qu’on observe la méchanceté des pouvoirs publics assez souvent manipulés et téléguidés par des hiérarchies au sommet. Si le politique n’a pas un parti pris, c’est le militaire qui a une responsabilité dans l’application des mesures de l’État. On devient complaisant avec les situations sans mesurer les conséquences qui vont sévir sur l’ensemble des citoyens. Chacun prétend défendre sa communauté par pur égoïsme, sans retenue, ou par une fierté mal placée.

  • A-t-on pensé à la nation tchadienne, ou tend-elle à disparaître ?
  • Que fait-on de notre laïcité et de l’harmonie à vivre ensemble ?
  • A-t-on pensé aux devenirs de nos enfants ?
  • Où faudrait-il léguer un pays poubelle aux générations futures ?

Voyez-vous, les nations les plus responsables ont su transcender et dépasser leurs identités communautaires quand l’évolution de la nation couvre l’ensemble des citoyens. L’identité communautaire dans une nation devient culturelle, mais ne dépasse jamais l’identité nationale. A mon sens propre, je suis d’abord tchadien avant tout et par-dessus tout, ensuite je suis l’autre dans ma culture et mes syllabes. Vivons ainsi au lieu d’aller chercher des mythes qui ne servent qu’à affaiblir notre devenir à vivre ensemble.

Les appels à la haine sont une faute répréhensible. Ils doivent être passés sous le coup de la loi. Ceux qui les véhicules à travers les réseaux sociaux sont à l’exemple des messages de la radio mille collines. On ne peut comprendre vouloir coûter que coûte à vouloir allumer un brasier, un mouroir jusqu’à exterminer une jeunesse embrigader et omnibuler par les saillis de la haine de l’autre.

Le pire des situations, c’est quand il faut observer les hypocrisies de la plupart de certains compatriotes qui se définissent et se prédéfinissent selon les situations de filiation. Il n’y a pas pire qu’un ignorant illuminé, celui qui croit s’enchanter de la haine envers l’autre sans aucun mobile sérieux. Être gouverné ou dirigé par quelqu’un qui n’a pas la mesure de l’intelligence vous mène toujours vers l’abime.

La juxtaposition des rôles dans les sphères de l’État tchadien nous a amenés aujourd’hui vers ces lacunes qui laissent notre pays en lambeau. On a trop encouragé les complexes à s’ériger en exemple, en vérité absolue. L’autorité de l’État (Lois et constitution) est sapée par ces derniers dans l’impunité totale, et nous sommes gravement devant ces situations.

Il est l’heure de sonner les clochers, il est l’heure d’instaurer la loi et de pérenniser une justice sociale équitable. Il est l’heure de s’édifier comme une nation au risque de s’effriter dans le sang. Il n’est plus possible de se mentir et d’avoir la propension de la force pour légiférer. L’heure est très grave, et la simple démarche du pouvoir MPS nous glace le sang. L’unité du Tchad est à crier sur tous les toits. Au lieu de se définir prophète, merci de faire passer le message.

ASSILECK HALATA Mahamat

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  • Bonjour Mr Assileck! l’heure est grave. je suggère une rencontre de quelques Tchadiens dans un pays tiers pour changer et se proposer des orientations sinon nous risquons de vivre le pire au Tchad. En privé please!!!!

    Commentaire par kereta le 5 janvier 2019 à 6 h 30 min
  • Je comprends pas ces agissements. C’est un problème sombre pour nous.

    Commentaire par Hassan Wardougou le 5 janvier 2019 à 11 h 37 min