Président en exercice de la CEEAC, Denis Sassou Nguesso tente timidement de s’imposer dans la gestion de la transition tchadienne. Mais c’est la médiation de l’Union africaine (UA) qui a les faveurs de la communauté internationale depuis le décès d’Idriss Déby.

Libéré de son remaniement ministériel, le Congolais Denis Sassou Nguesso doit convoquer, le 25 mai à Brazzaville, les membres de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) pour une conférence extraordinaire consacrée à la situation au Tchad. Le sommet, initialement prévu quatre jours plus tôt, avait dû être repoussé. Les chefs d’Etat de l’organisation devraient notamment y évoquer la possible nomination d’un envoyé spécial de la CEEAC pour le Tchad.

Cette réunion sera aussi l’occasion pour l’organisation sous-régionale, qui sort de deux ans de réformes profondes, de se relancer après un retentissant faux départ dans le dossier. Lors des obsèques d’Idriss Déby le 23 avril, seuls le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra et le Congolais Félix Tshisekedi avaient fait le déplacement à N’Djamena. L’absence des autres chefs d’État de la sous-région avait été froidement accueillie au Palais rose, en premier lieu celle de Denis Sassou Nguesso, qui avait pourtant initié au début des années 2000 l’ancien président tchadien dans son obédience maçonnique de la Grande loge du CongoUne absence d’autant plus mal vécue qu’Idriss Déby avait fait le déplacement à Brazzaville pour l’investiture de son homologue congolais, le 17 avril, trois jours seulement avant l’annonce de sa mort et alors que les rebelles étaient à 200 km de N’Djamena.

La mise en place d’une task force interministérielle

Après un retard à l’allumage, Denis Sassou Nguesso a multiplié, depuis deux semaines, les réunions de travail. Il a été appuyé en cela par son conseiller diplomatique Bienvenu Okiemy, et son ministre des affaires étrangères Jean-Claude Gakossoreconduit à son poste lors du dernier remaniement. Ce dernier a obtenu du président, au début du mois de mai, la mise en place d’un “comité technique permanent”, une task force interministérielle qui sera chargée de l’épauler.

Denis Sassou Nguesso a ainsi reçu à Oyo le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, le 2 mai, ainsi que le président de la Commission de la CEEAC, Gilberto da Piedade Verrissimo, le 4 mai. Le président congolais s’est également entretenu avec Abdelkerim Mahamat, directeur adjoint du cabinet et demi-frère du président du Conseil militaire de transition (CMT), Mahamat Idriss Déby, le 7 mai, dans le cadre d’une tournée régionale qui l’a entre autres emmené au Rwanda et en Angola.

L’Union africaine en première ligne

La CEEAC devrait en revanche ne jouer qu’un rôle relativement secondaire : depuis le 20 avril, c’est l’Union africaine qui a pris le leadership sur le dossier tchadien, avec le soutien de plusieurs capitales africaines et européennes. Dans ce cadre, l’UA doit tout prochainement officialiser la nomination d’un envoyé spécial. Pour ce poste, le nom de l’ancien président du Niger Mahamadou Issoufou revient avec insistance ces derniers jours.

Tchadanthropus-tribune avec la Lettre du Continent

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