Annoncé aux obsèques d’Idriss Déby le 23 avril, le président congolais Denis Sassou Nguesso s’est désisté au dernier moment et s’est fait représenter par son ministre des affaires étrangères Jean-Claude Gakosso. Celui-ci était porteur d’un message de condoléances au fils d’Idriss Déby et nouvel homme fort du Tchad, Mahamat Idriss Déby, qui insistait notamment sur ses “liens de proximité et de fraternité” entre le président congolais et son père.

Denis Sassou Nguesso avait en effet initié, au début des années 2000, Idriss Déby à la franc-maçonnerie et en avait fait le premier Député grand maître (DGM) de la Grande loge du Congo (GLC), obédience maçonnique créée par le chef de l’Etat congolais lui-même, et adossée à la Grande loge nationale française (GLNF). Le second DGM de la loge n’est autre que le puissant patron des services secrets congolais, Jean-Dominique Okemba, neveu de Sassou.

Peu actif, souvent absent des loges et des convents organisés par l’obédience, Idriss Déby s’est néanmoins servi de la GLC pour régler ses comptes avec François Bozizé, lui-même initié au sein de la GLC en 2003. Accusant le président centrafricain d’avoir éliminé l’opposant Charles Massi, membre de la GLNF, le chef de l’État tchadien avait obtenu son exclusion en début d’année (Africa Intelligence du 02/02/21).

Les réseaux maçonniques se sont eux-mêmes invités dans la politique intérieure tchadienne. Ancien ministre du plan et de la coopération sous Hissène Habré, devenu par la suite porte-parole de l’opposition démocratique au régime d’Idriss Déby, Ibni Oumar Mahamat Saleh a longtemps été membre du Grand Orient de France. Il a disparu en février 2008 à N’Djamena.

Tchadanthropus-tribune avec la Lettre du Continent

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