En théorie réglée fin mars à Paris (AI du 17/03/23), l’épineuse question de la domiciliation des fonds de réhabilitation provisionnés par les pétroliers actifs dans la zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) fait toujours l’objet d’intenses tractations.

Ces dernières semaines, les Etats-Unis ont intensifié leur pression pour empêcher la mise en place de nouvelles régulations à destination des industries extractives. La Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), avec le soutien du FMI, souhaite que ces dernières rapatrient dans la zone Cemac, d’ici au 1er janvier 2025, les fonds constitués pour la remise en état des sites exploités. Provisionnés à hauteur de plusieurs millions de dollars, les fonds de réhabilitation des pétroliers sont pour l’instant domiciliés hors-Cemac, où les taux d’intérêt bancaires sont plus élevés.

Cette décision fait partie d’une batterie de mesures visant à garantir à la zone monétaire une couverture en devises étrangères d’au moins six mois d’importations. Plusieurs pétroliers américains sont concernés, à l’instar d’ExxonMobilMarathon Oil ou encore Chevron. La fronde anti-rapatriement des devises est menée par l’avocat londonien Steven Galbraith, qui défend les intérêts de plusieurs sociétés anglo-saxonnes réunies au sein d’un Joint Working Group.

Un septième tour de négociations entre la BEAC et les pétroliers doit avoir lieu entre fin mai et début juin à Washington. Jusqu’ici, toutes les réunions s’étaient déroulées à Douala et à Paris. Ce nouveau rendez-vous intervient quelques semaines après le déplacement du gouverneur de la BEAC Abbas Mahamat Tolli dans la capitale américaine. Il s’était exprimé devant la Chambre de commerce de Washington, en présence de représentants du secteur privé, du FMI, de la Banque mondiale et du Trésor américain.

Africa intelligence

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