Je voudrais avant tout propos, exprimer mes remerciements aux Émirats Arabes Unis et la Ville de Dubaï pour leurs hospitalités.

Mes remerciements vont également au Fonds Mondial pour le Développement des Villes et à l’Alliance Africaine pour les Villes qui ont bien voulu organiser la présente réunion.

Mesdames et messieurs ;

Le Tchad, de par sa position géographique, a une vocation agro-sylvo-pastoral et il est l’un des pays les plus exposés aux effets du changement climatique. Sur le plan démographique et d’occupation des sols, il existe des fortes disparités en termes de répartition des hommes, des ressources et des infrastructures de développement économique.Par exemple :

  • Plus du tiers du pays est constitué du désert et des massifs montagneux ;
  • Environ 32% des 17 000 000 d’habitants vivent en milieu urbain ;
  • Un cheptel de plus de 140 000 000 de têtes dépend essentiellement de l’élevage classique ;
  • Les établissements humains n’occupent qu’environ 0,3% du territoire national de 1284000 km2.

Pour corriger cette disparité et lancer des bases solides d’un développement durable, le Gouvernement du Tchad s’est résolument engagé ces dernières années à mettre en place des documents stratégiques de planification dont l’essentiel est constitué de :

  • Un Schéma National d’Aménagement du Territoire ;
  • Quatre Schémas Provinciaux d’Aménagement du Territoire ;
  • Quinze Plan Urbains de Référence assortis d’autres outils d’urbanisme.

Aussi, lors de la Conférence d’Habitat 3, tenue en octobre 2016, à Quito en Équateur, nous avons présenté la position commune africaine et cela a été pris en compte dans le nouvel Agenda Urbain. Par cette position commune, nous avons pris l’engagement de développement des villes plus résilientes et durables.

Mesdames et messieurs ;

Malheureusement, au moment où la dynamique en termes de mobilisation des ressources se faisait suivant les orientations et les programmes d’investissements prioritaires de mise en œuvre de ces documents, le Tchad, comme d’autres pays d’Afrique subsaharienne, a été secoué par des catastrophes naturelles.

Rien que pour l’année 2022, les inondations pluviales et fluviales ont :

  • Affecté 19 provinces sur les 23 que compte le pays ;
  • Forcé le déplacement de plus de 1 500 000 personnes ;
  • Détruit plus de 500 000 hectares de champs ;
  • Emporté plus de 19 000 têtes de bétail ;
  • Détruit près de 80 000 maisons.

Face à cette situation qui interpelle et remet en cause certains efforts consentis jusqu’ici, d’autres approches d’aménagement du territoire et d’urbanisme s’imposent.

Grace à la clairvoyance du Général MAHAMAT IDRISS DEBY ITNO, le Tchad s’est inscrit dans une vision d’adaptation afin de transformer certains effets des inondations en opportunités de développement.

C’est dans cette logique, que le Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Habitat et de l’Urbanisme est en train de mettre en œuvre le Projet Intégré de Lutte contre les Inondations et la résilience urbaine à N’Djamena. Je voudrais à cet effet exprimer les gratitudes du Gouvernement du Tchad à la Banque Mondiale qui n’a ménagé aucun effort pour le financement de cet important projet.

Aussi, la question d’occupation des sols ne pouvant plus être dissociée de celle des établissements humains, le Tchad a engagé des réformes foncières et un Document de la Politique Foncière Nationale du Tchad vient d’être validé par le comité multi-acteurs et sera soumis à l’approbation du Gouvernement.

Cependant, eu égard à la complexité des effets du changement climatique, beaucoup d’autres défis sont à relever dans les autres villes du pays.

C’est pourquoi, nous sollicitons vivement l’appui techniques et financiers de tous les partenaires et principalement du Fonds Mondial pour le Développement des Villes pour les études de faisabilité de mise en œuvre d’un programme plus ambitieux.

Ce programme d’aménagement intégré et d’adaptation climatique devra concerner 18 provinces affectées par les inondations de 2020 et 2022 et sera axé sur les domaines suivants :

  • La cartographie et le Système Information Géographique comme outil multi-usage d’aide à décision ;
  • L’aménagement du territoire pour assurer la répartition équitable des infrastructures ;
  • L’urbanisme opérationnel pour des actions anticipées ;
  • Le drainage des eaux pluviale et la lutte contre les inondations à titre préventif et curatif ;
  • L’agriculture urbaine et périurbaine pour la création d’emploi pour les jeunes et les femmes ;
  • La promotion des matériaux locaux de construction pour un habitat plus résilient, durable et accessible à tous.

Mesdames et messieurs ;

Je voudrais terminer mon propos en saluant les efforts du Fonds Mondial pour le Développement des Villes et à l’Alliance Africaine pour les Villes pour des solutions intégrées aux problèmes urbains. A cet effet, le Tchad sollicite vivement la pérennisation de cette réunion ministérielle.

Pour ce faire, le Tchad est disposé à emboiter les pas d’autres pays africains dans la signature du CHAMP.

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