« L’accord signé entre le Tchad et Olam est pire que celui signé avec Glencore. »

 

Dans notre précédent article, nous avons démontré que le fleuron de l’industrie tchadienne qu’est la cotontchad.sn a été bradé par le représentant du Tchad dans ces négociations. Le représentant de notre pays n’a pas été à la hauteur des espérances et de la confiance placée en lui. Soit il présente une incompétence notoire, soit il a été acheté, mais ce qui se passe demeure hors raison, et inexplicable à jamais.

 

Pour mémoire, la cotontchad.sn a été soldée à Olam a hauteur 60 % des actions contre 9 milliards de FCFA sans tenir compte des investissements en cours au niveau de la BDEAC (40 milliards FCFA), ni de l’engagement pris par l’État afin d’éponger la dette vis a vis du pool bancaire (60 milliards FCFA). Pire, selon nos investigations, dans le protocole d’accord signé entre le Tchad et Olam, il n’a jamais été fait mention des actifs de la société comme si la Cotontchad était à l’arrêt, et ne disposait de rien comme actif. Par contre, il a été bien souligné que l’état prendra en charge tout le passif à la date du 31 décembre 2017. Or, d’après nos informations recoupées par diverses sources au ministère des Mines, de l’Industrie, et du Commerce, à la date de signature de la convention entre Olam et le Tchad, la cotontchad.sn disposait d’un stock de produits finis (huiles, tourteaux et fibres) dont la valeur est estimée à plus de 35 milliards FCFA, et des commandes des pièces détachées pour les usines payées, mais non livrées, et autres consommables se trouvant actuellement dans les magasins de la cotontchad.sn d’une valeur de plus 10 milliards de FCFA. C’est pourquoi on se demande si le ministre Youssouf Abassala tiendra compte de ces actifs dans l’épuration des dettes de la cotontchad.sn. Où offrira-t-il à Olam comme il l’a fait pour les investissements encours de la BDEAC ?

 

La logique et le bon sens voudraient que lorsqu’on veut privatiser une société comme la cotontchad.sn, en évaluant minutieusement ladite société de façon à faire ressortir les actifs et les passifs nous confient un économiste tchadien, haut cadre au ministre du Commerce et d’ajouter que les actifs et les passifs doivent être croisés ensuite afin que l’État paye la différence. Telle n’est pas la conception du Ministère ni d’Olam. Ces derniers veulent tout mettre sur le dos de l’État et dans le même temps profiter de nos produits finis. Ce qui se passe est vraiment hilarant. L’accord signé entre ceux qui ont représenté le Tchad et Olam est pire que celui que le Tchad a signé avec Glencore conclut ce dernier.

 

Pour rappel, comment le ministère de tutelle avait proposé ses services pour défendre la ratification d’une ordonnance caduque devant les parlementaires ? Moyennant quelque chose surement. Rien n’est gratuit.

 

En effet, cette ordonnance aval prise au mois de mars 2018, pour permettre à la cotontchad.sn d’obtenir auprès du pool bancaire, le crédit de productivité et le crédit de campagne à hauteur de 56 milliards FCFA, et si jamais la cotontchad.sn n’arrive pas à rembourser lesdits crédits, l’État se substituera à la cotonchad.sn pour rembourser. C’est une garantie souveraine pour permettre à la cotontchad.sn société étatique de fonctionner, mais dès lors que la société est privatisée depuis le mois d’avril 2018, cette ordonnance est caduque. Heureusement, il a fallu la vigilance d’une franche des députés pour retirer cette ordonnance du programme établi à l’Assemblée Nationale. Dans ce contexte économique très difficile que traverse notre pays, ne pas se soucier de l’intérêt de son pays demeure un crime souligne un grand économiste tchadien. “ Le ministre, même s’il veut se débarrasser de la société, il doit au moins veiller a ne pas endetter davantage son pays “ conclut- il.

 

Pour les autres aspects de l’accord, nous y reviendrons pour éclairer nos lecteurs.

Tchadanthropus-tribune

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