Comment Deby a étouffé un coup d’État des Deby ?  L’affaire de drogue a failli emporter le régime du maréchal ou plus exactement il a failli avoir du Deby sans Deby au Tchad.

En effet, les services antistupéfiants français, toujours eux, qui suivaient depuis longtemps ce trafic juteux dont ils sont loin d’être désintéressés, remettent une longue liste des personnes qui sont au cœur de ce trafic à leur représentant local à savoir le DG/ANS. Celui-ci demande une audience urgente à Deby et lui dépose sur la table la trouvaille des Français tout en lui expliquant que les parrains français demandent que tout ce monde soit arrêté et traduit devant un tribunal, sinon les Américains et l’Union européenne mettront le Tchad sur la liste noire. Certes, les Français ne sont pas dupes, tout en sachant que le chef du cartel étant Deby lui-même, sans franchir le pas, ils poussent leur agent à jouer le premier et mauvais rôle.

La fameuse liste comprend naturellement les enfants de Deby dont le commandant de la DGSSIE, le Dircab adjoint, ses neveux dont les enfants de ses sœurs, de son cousin feu Youssouf Boy, du DG des douanes et enfin des généraux jugés très proches de lui.

Paniqué, Deby convoque tous ceux dont le nom est sur la liste et joue son habituelle comédie de mauvais acteur : il les menace de renvoi de leur fonction, les arrêter tous, les envoyer à Koro Toro, à la CPI, etc., etc. Deby pérore, divague et finalement renvoie tout le monde chez lui en attendant ses décisions.

À la sortie, les concernés se concertent et vite décision est prise : « il faut interner le vieux à Amdjaress ! »  Et Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la BEAC, toujours à l’affut pour remplacer son oncle est vite contacté.

Mais très vite des divergences apparaissent entre les membres du cartel, à l’annonce du nom d’Abbas Mahamat Tolli qui est, fils d’une Bilia, élevé, éduqué et promu par les Bilia, mais voue une haine inexpliquée viscérale aux Bilia à l’instar de toute la famille Tolli, ne passe pas du tout aux yeux des Deby alors qu’il est le jockey de la branche maternelle de Deby. On soupçonne qu’un neveu (le fils d’un cousin maternel bien huilé dans l’affaire) aurait vendu la mèche aux Français avec des détails sur tout le déroulent de l’internement du Maréchal. Pour les Français entre les bambins gâtés et de surcroit narcotrafiquants et le nouveau maréchal vieillissant, mais encadré solidement par le duo français (Kogri et Hinda), le choix est clair, ils décident donc d’informer leur agent, le DG/Ans, du complot ambiant.

Le DG de l’ANS demande encore une audience plus qu’urgente, rencontre Deby et lui fait un compte rendu détaillé du complot en citant nommément les noms des principaux initiateurs. Deby perd connaissance pendant 24 h. Le lendemain, ayant récupéré ses sens, convoque le DG de l’ANS et l’ordonne d’arrêter tout ce monde ! Le DG lui suggère une autre approche ; alors le nouveau maréchal entre dans une violente colère et reproche au DG d’avoir déjà refusé d’arrêter tous les militaires complices de l’UFR, quand la colonne de celle-ci a été bombardée par les Français. Le DG lui répond calmement que » si ce jour j’avais appliqué à la lettre vos instructions, moi le DG et vous Deby ne serions pas assis aujourd’hui calmement au palais et parler comment gérer un coup d’État familial. » Deby se calme et écoute le plan de son DG.

Depuis, on ne parle plus d’un quelconque coup d’État, des supposés trafiquants de drogue sont condamnés, mais parmi lesquels, personne n’a son nom sur la liste fournie par les Français, de là dire que ce sont des boucs émissaires qui sont condamnés, il n’y a qu’un pas facilement franchissable ; on constate aussi que de manières très discrètes, un à un les supposés auteurs de coup d’État, sont en train de perdre leurs fonctions. Le décret de remplacement de Mahamat Kaka fut intercepté in extrémis par le DG de l’ANS et bloqué, l’officier qui devrait le remplacer est nommé ailleurs (il vient d’être relevé de ses fonctions). Quant à Mahamat Kaka lui-même, il serait complètement marginalisé, sans aucun contact, depuis, avec son géniteur. Le maréchal serait dans une situation très tendue et embarrassante : il ne sait à qui confier les postes névralgiques au sein de sa sécurité, la confiance ne régnant plus au sein des Deby.

Quant au reste des narcotrafiquants comploteurs, ceux qui ont perdu leurs postes et les autres encore en fonction, seraient en alerte maximum pour résister au cas où le maréchal aurait la mauvaise idée de les faire arrêter ; ils auraient juré de ne pas subir le cas Baradine Berdeï Targuio.

Correspondance particulière

N’Djamena – Tchad

Sources Tchadactuel

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  • This is very bad situation for my lovely Chad

    Commentaire par Keikere Ali le 18 août 2020 à 13 h 00 min