D’abord, il faut avant toute observation rendre les condoléances à toutes les victimes qui sont décédées ces derniers jours dans notre pays. Que Dieu accepte la miséricorde pour leurs âmes, et leur ouvre les portes du paradis.

Au Tchad, le Coronavirus tue à tour de bras, et malheureusement le gouvernement et son ministre de la santé portent des œillères. Depuis longtemps, plusieurs officines, société civile, associations diverses, ont ensemble prévenu du danger qui courait.

Dans la diaspora en France, plusieurs voix se sont constituées pour dire à nos compatriotes au pays de faire trop attention à ce virus, car cette pandémie à l’instar du Tchad fait des dégâts sans précédent.

Mais… nos compatriotes n’ont pas voulu prendre les messages d’avertissements au sérieux. Personne n’a voulu se départir des habitudes quotidiennes propices à la contagion du virus. Manger et boire ensemble dans les mêmes récipients n’est plus recommandable, et se réunir pour les causeries et autres circonstances est devenu mortel. Il a fallu que le nombre des décès se multiple pour que les yeux soient ouverts, et peut être la conscience commence par interroger. Pourvu qu’il ne soit trop tard, car aujourd’hui plus que Coronavirus, c’est l’incivisme qui tue.

Où est la stratégie de l’État ?

À l’instar de plusieurs pays du monde, le Tchad était en avance dans la prise des décisions. Idriss Déby avait voulu faire comme les autres pays, de grandes annonces plus politiques et techniques ont été émises, des budgets votés, et les aides requises, mais techniquement l’État à travers le ministère de la Santé a failli.

Personne parmi les décideurs n’avait voulu associer et constituer un état-major issu des cadres de la santé. Le comité scientifique n’a pas été consulté dès le départ. Le ministre de la Santé a voulu travailler avec ses choix, octroyer les marchés des produits de lutte contre le Covid-19 à ceux qui vont lui verser nécessairement des pourcentages. Les propositions phares émanent du comité de veille ont été balayées sous prétexte qu’elles sont anti populaire, et Idriss Déby a été convaincu par une frange de circoncis de la colère du peuple, mais jamais personne n’a voulu voir plus loin jusqu’à ce que la réalité rattrape tout un chacun.

  • Pourquoi le confinement de la population et la mise en cloche des villes n’ont pas été décidés plus tôt ?
  • Pourquoi avoir négligé infiniment le caractère premier des symptômes en ville ?
  • Pourquoi des dispositions claires n’ont pas été émises quitte à obliger la population à se conformer aux mesures de prudence ?
  • Les questions fusent de plus belle. Il n’y a pas de honte de dire quand on ne peut pas. Il n’y a pas de honte d’appeler à l’aide quand on est depassé.

Selon nos sources, les tiraillements entre le ministre de la Santé et le comité de veille a eu raison du retard de la mise en place des mécanismes techniques et de prévoir à long et moyen terme la propagation du virus. Ne serait-ce que pour ces ratés, le ministre de la Santé doit dégager et le comité de veille remplacé par une équipe technique constituée de médecins, des infirmiers ambulanciers, des sapeurs-pompiers, et de l’armée, la gendarmerie et la garde nationale et nomade du Tchad. Tous doivent être associés pour porter secours à la population. Pouvoir dire que cette période de chaleur est propice à une augmentation de décès au pays relève d’une grande légèreté, et d’un déni de responsabilité.

Comment fait-on pour savoir que telle ou telle personne est décédée d’une certaine maladie si le diagnostic n’est pas posé ?

Il suffit d’aller voir le nombre de morts qu’on convoie aux cimetières de Lamadji pour se rendre compte que les communiqués du ministre de la Santé ne reflètent aucunement la réalité.

L’hôpital de Farcha tout seul ne peut faire figure de standing d’accueil. Tous les hôpitaux doivent mettre à disposition des ailes dédiées aux soins des patients atteints par cette épidémie. Il faut associer les antennes sanitaires des forces françaises installées au Tchad et réquisitionner même les villas qui pourraient accueillir provisoirement des malades.

Dès à présent il faut demander l’aide de la communauté internationale, et commencer par octroyer le don malgache enfoui à la présidence à la population. En effet, l’avion présidentiel aurait fait le déplacement en Guinée-Bissau pour récupérer un don de médicaments octroyé par Madagascar. La cargaison serait à la présidence, et personne n’en parle. Le ministre de la santé accablé par ses propres contradictions à l’Assemblée nationale avait laissé entendre cette expérience, et depuis plus rien.

Il ne suffit plus de mettre seulement la capitale N’Djamena sous cloche, mais procéder et limiter les fréquentations entre arrondissements de la ville de N’Djamena. Tout cela doit se faire avec l’aide matérielle de l’État, qui saura distribuer les vivres aux plus nécessiteux et ainsi prendre les choses sérieusement.

Coronavirus ne se combat pas à dose de communiqué énervant à la longue. Il faut une vraie stratégie, loin des campagnes politiques. Sinon le pire est à prévoir.

Tchadanthropus-tribune

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