Extrait de l’audition de Mme Patricia Adam à l’Assemblée Nationale Française du 22 janvier 2014


"Mme la présidente Patricia Adam.
 
Je saisis l’occasion que nous offre cette réunion pour vous présenter le bilan que je tire du déplacement que j’ai effectué, avec nos collègues Christophe Guilloteau et Jacques Moignard, au Tchad, du 15 au 19 décembre derniers.

Enfin, notre déplacement à N’Djamena nous a permis d’étudier de près l’intérêt de la présence française dans ce pays, îlot de stabilité dans une bande sahélo-saharienne en crise. Nous avons pu le constater par nous-mêmes : la circulation à N’Djamena était libre, et nous n’avions pas besoin de moyens de protection particuliers, y compris lorsque nous sommes allés à la rencontre des populations civiles, que ce soit à l’Institut français ou au lycée français. Le pays connaît en effet depuis 2008 une période de calme, après des décennies de troubles : il n’en mesure que mieux la valeur de la paix, de la stabilité, qui rendent possible le développement économique. Pour autant, les autorités que nous avons rencontrées se sont montrées pleinement conscientes des risques de contagion que présentent les différentes crises survenant dans le voisinage du Tchad – Libye, Soudan du Sud, Nord du Mali, République centrafricaine –, ce qui les conduit à se doter d’une armée professionnelle capable d’intervenir à l’extérieur.

Les difficultés peuvent aussi provenir de l’intérieur du pays : les logiques ethniques demeurent plus fortes que les logiques institutionnelles, et si le président Déby a su trouver un équilibre entre les différentes ethnies, le maintien d’un tel équilibre est indispensable à la stabilité du Tchad. Son évolution politique est donc un point d’intérêt central pour nous.

Plus largement, notre implantation à N’Djamena, si elle a encore le statut d’opération extérieure, fonctionne aujourd’hui comme un véritable pré positionnement et sa place est appelée à être renforcée : en lien avec nos forces au Niger et au Mali, les éléments français au Tchad constituent le pivot de notre dispositif dans la région du Sahel. Grâce à la remarquable disponibilité de notre attaché de défense sur place, nous avons pu prendre pleinement la mesure de tous ces enjeux.

 

M. Christophe Guilloteau. Ce déplacement à N’Djamena s’inscrivait pleinement dans la poursuite des travaux de la mission d’information sur l’opération Serval au Mali, dont les membres, pour des raisons tant calendaires que logistiques, n’avaient pas pu se rendre au Tchad au printemps dernier.


Pour les intérêts français comme pour l’équilibre de toute cette région d’Afrique, le Tchad constitue à bien des égards une « plaque tournante ». C’est un pays qui dispose d’un important potentiel de richesses, et dont le président, militaire formé en France, a une excellente connaissance des équilibres géopolitiques régionaux".

 

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