Plusieurs regroupements non-signataires du dernier accord de Doha sont en pourparlers avec Sant’Egidio pour rétablir le contact avec le pouvoir de N’Djamena. C’est ce qui explique les allers et venues de Dr Mohamed Kleich et Mauro Garofalo entre Rome et N’Djamena.

La communauté italienne catholique Sant’Egidio planche sur une reprise des discussions entre les groupes rebelles non-signataires de l’accord de Doha et N’Djamena. Elle s’efforce d’y associer des acteurs civils tels que le mouvement d’opposition Les Transformateurs, pour l’instant en vain.

L’organisme romain de médiation Sant’Egidio a récemment repris en main le très sensible dossier des négociations entre les autorités tchadiennes et les groupes rebelles. Depuis plusieurs semaines, ses équipes tentent, avec l’appui de N’Djamena, d’initier des pourparlers avec les mouvements politico-militaires n’ayant pas signé l’accord de Doha en août 2022.

Parmi la poignée d’organisations concernées – auxquelles se sont ajoutés huit autres groupes n’ayant pas pris part aux négociations de Doha – figurent le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) de Mahamat Mahdi Ali, le Conseil national de la résistance pour la démocratie (CNRD) du Dr Abakar Tollimi et le Front populaire pour la renaissance nationale (FPRN) d’Adoum Yacoub Kougou et quelques autres groupes d’opposition.

Les Transformateurs et Wakit Tama approchés
Après une première rencontre à Rome en décembre 2022 pour ajuster leur stratégie, ces acteurs ont prévu de se réunir à nouveau dans les prochaines semaines, afin d’entamer des discussions en présence de représentants du gouvernement tchadien. Un déplacement dans la capitale italienne du ministre de la Réconciliation nationale, Abderaman Koulamallah, est à l’étude.

Bien que cette initiative n’ait pas encore porté ses fruits, Sant’Egidio s’emploie parallèlement à convaincre le groupement de la société civile Wakit Tama et le mouvement d’opposition Les Transformateurs de prendre part au dialogue. Actuellement aux Etats-Unis, le leader de cette dernière organisation, Succès Masra, continue de fustiger les agissements de la junte du général Mahamat Idriss Déby, qu’il accuse d’être responsable de la répression des manifestations du 20 octobre ayant officiellement fait 50 morts.

En quête de soutiens

Sant’Egidio, qui se présente comme une association catholique laïque spécialisée dans l’arbitrage de conflits, dispose d’une bonne connaissance du dossier tchadien. En janvier 2022, elle avait organisé une rencontre avec les représentants d’une vingtaine de mouvements rebelles en amont du pré-dialogue de Doha, ceux-là mêmes qui s’étaient constitués en « Groupe de Rome » pendant les négociations qatariennes (AI du 06/04/22).

Quatre mois plus tard, une délégation comprenant le responsable des relations internationales de Sant’Egidio, l’Italien Mauro Garofalo, ainsi que son référent pour le Tchad, Abdelsalam Kelch, s’était rendue à N’Djamena, où elle avait pu proposer ses services lors d’un tête-à-tête avec le président Déby. Aujourd’hui au cœur des efforts visant à instaurer ce nouveau dialogue romain, Garofalo et Kleich s’emploient parallèlement à convaincre les diplomaties française et américaine d’appuyer le processus.

Tchadanthropus-tribune avec Africa Online

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