L’opposant numéro un au pouvoir de Déby père laisse entrevoir une possibilité de négociation avec le régime de Kaka. Timan Erdimi est en résidence au Qatar depuis 2009.

Il n’a signé aucun accord. Le plus ardent opposant au pouvoir de la famille Déby au pouvoir depuis 1990 – Idriss Déby, puis à sa mort en avril son fils Mahamat Idriss Déby dit « Kaka » -, Timan Erdimi, s’est contenté de discuter du calendrier des prochaines rencontres avec le gouvernement concernant son sort lors de la venue, le 1er novembre, d’une délégation tchadienne au Qatar. Erdimi a à peine accepté de parapher un procès-verbal – a minima – de la rencontre.

Directeur de cabinet d’Idriss Déby au milieu des années 1990, Erdimi est devenu le plus farouche opposant au pouvoir de son oncle, qu’il a failli écarter en 2008 puis en 2019. En résidence au Qatar depuis 2009 à la suite d’un accord entre le Tchad et le Soudan – qui le soutenait à l’époque -, Erdimi souhaite en partir, mais pas à n’importe quelles conditions. Kaka a accepté de l’inclure dans le dialogue national qu’il a récemment ouvert pour consolider son pouvoir. Pouvoir dont il est de moins en moins question qu’il le laisse à un potentiel successeur à la suite des dix-huit mois de transition dont l’échéance est prévue à la fin 2022.

Qui était à Doha ?

Les pourparlers, organisés au Ritz-Carlton de Doha le 1er novembre, ont duré presque trois heures. En dehors des conseillers politiques et du secrétaire général de l’Union des forces de la résistance (UFR) d’Erdimi, quatre généraux, parents du rebelle, devenus depuis quelques semaines les nouveaux conseillers de Kaka, ont participé aux discussions.

La délégation venue de N’Djamena à bord d’un jet opéré par Haking Air, propriété d’Abderrahmane Hassan Déby Itno, neveu de l’ex-président (AI du 28/07/21), était encadrée par l’ancien ambassadeur au Qatar et actuel président du comité technique spécial (CTS) chargé de la réconciliation, Aboubakar Assidick Tchoroma, ainsi que par l’ancien président tchadien Goukouni Weddeye. Cela faisait plus d’un mois qu’Erdimi avait été prévenu de l’imminence d’une telle venue. Entre-temps, le président Kaka s’est rendu au Qatar le 13 septembre afin de tenter d’y lever des fonds et de parler discrètement du cas d’Erdimi (AI du 22/09/21).

Un exil de moins en moins doré

Après onze ans logés à l’hôtel à Doha, depuis quelque temps au Mövenpick proche de la Corniche, Erdimi a de quoi trouver le temps long. Si les premières années étaient assez détendues – il pouvait voir qui il souhaitait quand il voulait -, l’attaque de février 2019, lors de laquelle une colonne de pickups de l’UFR avait fait vaciller Déby, a conduit à plusieurs changements dans le quotidien de l’opposant. Erdimi est désormais accompagné d’agents de sécurité qui ne le lâchent plus d’une semelle. De plus, les demandes de rencontre sont soigneusement analysées par le ministère des affaires étrangères, qui n’en accepte que très peu.

Tchadanthropus-tribune avec Africa Intelligence.

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