Ahmat Daoud Ibrahim, persona non grata. C’est clairement le message du PCMT à la délégation qatarie venue le rencontrer à Paris. Côtés politico-militaires, c’est le même son de cloche de l’ensemble des organisations armées, sauf…

Ahmat Daoud Ibrahim est un ressortissant du Darfour. Certaines informations affirment qu’il serait l’oncle de feu Dr Khalil Ibrahim, le chef charismatique du MJE. Il a vécu au Burkina Faso avant qu’il ne soit utilisé à recruter des mercenaires en Libye contre le Général Khalifa Haftar, et s’installer au Qatar. C’est cet homme-là qui est au cœur du pré dialogue, régissant et écartant certains groupes politico-militaires de l’assise prévue à Doha.

Cet homme se passe pour un fin connaisseur des politico-militaires tchadiens jusqu’à décrocher son téléphone et appeler certains chefs de mouvements, conseillant les Qataris que le CTS (Comité technique spécial) n’est pas indiqué pour mener à bon port l’organisation du pré dialogue avec le Qatar. Et encore que le CTS aurait gonflé le nombre des participants. Jouant sa partition, il amena le processus vers un mini blocage, jusqu’à la rencontre entre la délégation du PCMT et celle Qatarie à Paris en marge du sommet qu’organiser Emmanuel Macron sur le Sahel.

La bonne prise de note

Pendant l’échange entre les deux délégations, plusieurs sujets auraient été relevés de part et d’autre. Les Qataris ont avancé leurs arguments, mais ils seraient trop gênés par l’actualité des audios qui ont émaillé la toile (sur la conversation entre Timan Erdimi et le conseiller de Touadera).

La charge de la délégation tchadienne aurait poussé les Qataris à mettre hors-jeu le nommé Ahmat Daoud Ibrahim, qu’ils affirment qu’il n’est pas mandaté dans le processus du pré dialogue, et qu’ils prennent bonne note.

Dans la foulée, selon nos informations, les Qataris acceptent l’entière liste que leur a remise le CTS, et affirment prendre contact avec le CTS dès leur arrivée à Doha.

Il a été convenu entre les deux délégations de dépêcher rapidement au Qatar le ministre des Affaires étrangères Chérif Mahamat Zène, et le DG de l’ANS Ahamat Kogri. Les deux personnalités du pouvoir CMT seraient sur place à Doha depuis dimanche soir, prompt à rencontrer les Qataris ce lundi soir ou mardi dans la journée pour clarifier la situation et dissiper les malentendus.

Confirmation du pré dialogue

Aussitôt arrivé à N’Djamena, le PCMT confirme la tenue de ce pré dialogue, restant sur la date du 27 février 2022 comme précédemment annoncée, mais en observant le timing, un glissement de date vers la 1re semaine de mars 2022 s’impose.

Il paraît improbable de tenir une assise pour le pré dialogue le 27 février 2022 sachant que jusqu’à aujourd’hui, rien n’a été fait en matière d’invitation et d’orientation. Donc tout le monde restera à l’attente des informations qui devraient sortir du CTS et des Qataris.

Monitum

Le problème tchadien est très complexe de par sa nature éparse pour être confié à une personne venant du Darfour, surtout quand on sait les diverses implications des Darfouris dans les problèmes tchado-tchadiens. Il faut pour le Tchad et les Tchadiens des esprits d’une neutralité sans faille. Et l’adversité tancée du sieur Ahmat Daoud Ibrahim envers le CTS et certains politico-militaires le porte à découvert, et devient un parti pris dans l’imbroglio tchadien.

Si le pré dialogue doit se tenir avant le dialogue inclusif, que les Tchadiens aillent le faire avec l’esprit patriotique, et le devenir du Tchad de demain, mais ne tombons pas sur le sigle du sectarisme, du communautarisme, et des clans. Le Tchad mérite mieux.

Tchadanthropus-tribune

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