TRANSITION : LES MILLE ET UNE INCONNUES DE L’APRÈS-IDRISS DÉBY”. 

Plus de deux mois après le début des pourparlers au Qatar, N’Djamena est parvenue à obtenir une date de signature d’un accord avec les groupes politico-militaires. Toujours hypothétique, elle interviendrait courant juin. 

Neuf semaines. Les membres des 52 groupes rebelles au pouvoir tchadien séjournent à Doha depuis déjà plus de deux mois dans l’espoir de parvenir à un accord. L’agacement, face à la longueur du processus, des membres de la délégation du gouvernement de transition, menée par le ministre des Affaires étrangères Mahamat Zène Chérif, a cependant forcé les Qataris à agir.

Mi-mai, le chef de la diplomatie tchadienne a ainsi fait part de sa contrariété à son homologue Sheikh Mohammed bin Abdourrahman al-Thani.

L’émir du Qatar, Tamim ben Hamad al-Thani, a également demandé au ministère des affaires étrangères d’établir un chronogramme, après avoir discuté à plusieurs reprises avec le président du Comité national de transition (CNT), Mahamat Idriss Déby, dit « Kaka« .

Ce chronogramme, qui a été distribué, va jusqu’à la mi-juin. C’est autour de cette période qu’un accord pourrait être signé avec les têtes d’affiche des rebelles, dont le président du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), Mahamat Mahdi Ali, qui s’est fait représenter à Doha depuis le début des discussions.

En cas d’accord entre les parties, un texte pourrait être paraphé à Doha avant la fin juin, permettant la tenue du dialogue inclusif à N’Djamena, prévu initialement le 10 mai.

Pierre d’achoppement

Les navettes de documents entre les médiateurs qataris – principalement l’envoyé spécial chargé des médiations au ministère des affaires étrangères, Mutlaq bin Majeb al-Qahtani, et le conseiller sécurité de l’émir, Mohammed bin Ahmed Al-Misnad -, les politico-militaires et les négociateurs du CNT ne devraient plus être nombreuses. Les 52 mouvements divisés début mars en trois sous-groupes – Rome, Doha et Qatar – ont accouché d’un seul texte, rendu aux Qataris le 14 mai au soir. La délégation de Mahamat Zène Chérif a ensuite rendu ses observations en fin de semaine dernière.

Cependant, le pouvoir tchadien continue à buter sur un élément capital : les thèmes de la discussion. Dans le document du 14 mai, les politico-militaires évoquent de nombreux points qui, selon le CNT, sont du ressort du futur dialogue à N’Djamena. Or, les groupes sont largement encouragés dans ce scénario maximaliste de discussion par le Qatar, qui clame en privé vouloir un « accord de paix » et non pas un simple catalogue de garanties pour permettre aux rebelles de venir discuter lors du dialogue inclusif au Tchad.

Prolongations ?

De son côté, le Congolais Basile Ikouébé, haut représentant de l’Union africaine (UA) pour le Tchad désigné en juillet 2021, planche déjà sur un scénario d’extension de la transition de plusieurs mois. Une tenue de l’élection présidentielle fin 2022 apparaît en effet de plus en plus hypothétique. Le dialogue inclusif (post-Doha) qui s’ouvrira dans le meilleur des cas cet été au Tchad doit s’étendre sur plusieurs semaines et déboucher théoriquement sur un partage élargi du pouvoir.

Africa intelligence

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