En notre qualité indépendante d’acteur et témoin de premier plan de la CNS de 1993 et suite, tirant les leçons et dans la perspective du prochain DIALOGUE INCLUSIF qui débutera le 15 février 2022, nous rappelons et faisons les propositions suivantes :

  • La souveraineté accordée par le PCMT : elle devra être réaffirmée dans le Règlement intérieur de ladite conférence dans ses contours et implications ;

2) Cependant, pendant le déroulement dudit dialogue, le PCMT assurera pleinement ses fonctions de Chef de l’État, garant de l’indépendance, de la sécurité, de l’intégrité territoriale, de la magistrature, de la diplomatie et du bon fonctionnement régulier des services publics ;

3) Dès lors que le PCMT a proclamé solennellement le caractère souverain et exécutoire de plein droit dudit dialogue inclusif, tous les préalables bloquants de certains acteurs publics potentiels seront à la charge de la conférence ;

4) Les résolutions de la conférence seront immédiatement traduites en décrets-lois, signées et promulguées par le PCMT ;

5) Le CNT cessera toute activité durant la conférence jusqu’à la mise en place des institutions redéfinies de la transition ;

6) Pour garantir le caractère inclusif, souverain et exécutoire de la conférence, et éviter les surenchères et la cacophonie habituelle néfastes de la classe politique tchadienne, le PCMT nommera dès à présent une personnalité au-dessus de la mêlée et intègre qui sera chargée de reprendre la préparation et l’organisation pratique de la conférence, pour qu’elle ne soit pas un non-évènement ;

7) Cette personnalité disposera des pouvoirs et des moyens nécessaires pour assurer la participation sans exclusion et la bonne organisation de la conférence et fera appel à une équipe plus restreinte et efficace de représentants des grands groupes et du personnel technique compétent pour maîtriser tous les aspects et enjeux de la manifestation historique ;

Le nombre des participants à la conférence sera limité à l’utilité, c’est-à-dire que les partis politiques, les OSC et les autres acteurs devront se constituer en collectifs ayant des mémorandums à défendre et désignant leurs représentants dûment mandatés à la conférence ;

9) Pour se faire, il n’y aura pas de perdiems : seront pris en charge les frais de déplacement des participants dûment mandatés hors Ndjamena et hors Tchad, la collation, une unité médicale ainsi qu’un service de transport spécial des participants durant la conférence ;

10) Il serait souhaitable que le nombre des participants à la conférence ne dépasse pas les 200 dûment mandatés et préparés à soutenir leurs mémorandums en plénière et dans les travaux en commissions ;

11) Les leaders d’opinion, sans parti politique, devront se constituer en collectif d’indépendants pour participer selon le quota attribué : leur présence sera d’un grand apport pour la conférence, car des personnalités tchadiennes de renom se trouvent marginalisées à cause de leur refus de se faire embrigader dans les partis politiques ;

12) La participation à la conférence ne donnera pas le droit de s’autodésigner dans les organes qui en découleront : cette prérogative sera effectuée après la conférence, selon les orientations précises qui auront été fixées par la conférence et qui seront impératives et non contestables ;

13) Durant le déroulement dudit dialogue inclusif, toute autorité civile ou militaire qui perturbera délibérément le processus de la réconciliation nationale et de la normalisation, notamment en versant dans l’insécurité et les conflits intercommunautaires, sera destituée et déchue de ses droits civiques par la conférence ;

14) Tirant toujours les leçons des causes des échecs de la CNS et des forums précédents, les décisions seront prises par compromis, à défaut de consensus, ce qui rend inutile les manœuvres actuelles de constituer des majorités mécaniques : les délégations auront chacune une seule voix prépondérante pour valider les résolutions, d’où la recherche absolue du compromis pour atteindre le consensus, seul gage pour tenir compte du droit à la différence, marginalisé ou ignoré par les pratiques récurrentes du népotisme ;

15) Les grèves, les manifestations seront gelées et le cessez-le-feu intégral sera observé durant la conférence ;

16) Les acteurs majeurs de la crise tchadienne, qui craignent pour leur sécurité personnelle, participeront en visioconférence, nonobstant quand même la participation physique de leurs représentants aux travaux ;

17) Tout accord politique et de réconciliation conclue avant la tenue dudit dialogue sera soumis à la validation transparente de la conférence, sous peine d’être suspecté et rejeté ;

18) La réussite de la conférence repose essentiellement sur : i) le choix de la personnalité chargée de l’organiser et/ou de la présider, ii) la délégation de pouvoirs et des moyens nécessaires pour le bureau du présidium, iii ) de l’engagement ferme et impartial du PCMT (face aux résistants caciques qui l’entourent !), iv) de la dénonciation publique de tout agenda caché des acteurs potentiels, contraire aux aspirations et aux attentes légitimes du peuple tchadien, v) de la non-ingérence des parrains extérieurs habituels, vi) de la vigilance et du soutien des forces vives de la nation (opinion publique, presse, corporations), vi) d’une durée courte de la tenue dudit dialogue inclusif.

Il y aura des sacrifices à consentir mutuellement entre les acteurs, car TOUS les problèmes ne pourront pas être traités par la seule conférence inclusive et le pays est vraiment fragilisé !

Aussi, tout ce qui pourrait relever de la gestion d’un gouvernement responsable et issu des urnes (donc d’un programme politique gagnant) devrait être différé.

C’est pourquoi, les problèmes structurels et conjoncturels ayant déjà été diagnostiqués lors des états généraux et forums précédents, nous recommandons aux groupes voulant participer à la conférence inclusive souveraine de commencer par la révision des recommandations non appliquées ou torpillées desdites rencontres précédentes, dans leurs mémorandums, pour meubler le cahier des charges du nouveau gouvernement de transition et institutions de la transition.

Ce n’est pas la peine de croire que le bourrage de littérature (généralement non lue !) garantirait la mise en œuvre de tous les desiderata nationaux, car la transition devrait se limiter à l’essentiel en peu de temps, avec les ressources humaines et financières limitées, pour normaliser la situation générale du Tchad et le rendre gouvernable dans un contexte de justice, d’égalité citoyenne et de paix restaurée !

  1. B. Les autres détails figurent dans nos posts antérieurs.

Que Dieu sauve le Tchad en cette année de grâce 2022!

Énoch DJONDANG

Tchadanthropus-tribune

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