20 août 2022, c’est la date retenue pour l’organisation du dialogue national « inclusif » au Tchad. Toutes les forces vives de la nation souhaitent dialoguer et mettre le Tchad sur des bons rails. Toutefois, l’organisation d’un tel dialogue dépend des conditions inhérentes à son organisation et sa fiabilité. Ces conditions sont-elles réunies ? Pas sûr ! Pas sûr dans la mesure où, d’une part, le Président transitoire, dont l’exercice prend fin le 20 octobre, censé organiser ce dialogue, adopte une attitude très dangereuse vis-à-vis du peuple dans ses diverses déclarations ces derniers jours, attitude qui relève plutôt du « nargage ». Et, d’autre part, le CODNI, organe en charge de l’organisation de ce dialogue, n’est que la partie visible de l’iceberg MPS et qui laisse en vue des pas d’une pré-absence de conditions fiables pour l’organisation du dialogue national. C’est l’occasion, dans ce cadre d’étude, de soulever quelques points un peu contradictoires avec l’organisation d’un dialogue paisible qui ressort des déclarations du PCMT de ces derniers jours lors de ses rencontres avec les politiques, la société civile, les religieux…, et de s’atteler sur le CODNI, organe en charge de l’organisation du dialogue.

S’agissant du premier point, le PCMT, à l’approche du dialogue national, adopte une posture de « nargage » pareille à nulle autre et tient des discours qui n’ont guère de conformité avec l’organisation du dialogue national en vue. Dans ces dernières sorties, le PCMT s’en prend d’abord aux politico-militaires avec lesquels il est en discussion à Doha. Il s’en prend en suite à quelques membres de la société civile. Tenir ces genres des discours, venant surtout de la part du premier responsable de la transition, à l’approche d’une situation aussi délicate que le dialogue peut fragiliser la confiance à un dialogue sérieux et fiable, voire même que cela peut prendre la forme d’une caducité. En fin, le Président de la transition nargue le peuple Tchadien (formule emprunter à un analyste) à qui il dit n’avoir aucune obligation juridique d’organiser le dialogue national. Quoique l’obligation juridique est là, comme démontrée par Amine Idriss sur les engagements au niveau international et qui, par conséquent rend inopérant ce que dit le PCMT, ce dernier n’est pas habilité à nous parler de droit, puisqu’il a délibérément, accompagné des ses compagnons militaires, violé la constitution qui était en vigueur lors de leur prise de pouvoir le 20 avril 2021. Au plus, c’est un coup d’État constitutionnel qui a été perpétré par le CMT. Alors, il est important que le PCMT sache se conduire en responsable, organiser un dialogue sérieux et au dessus tout, il laisse le pouvoir le 20 octobre prochain. Toutefois, on se demande si le dialogue contient les ingrédients nécessaires pour sa fiabilité ? Pas sûr, et cela découle justement du fait de l’organe en charge de sa réalisation, le CODNI, ce qui nous conduit au deuxième point de cet analyse.

En effet, le PCMT, dans l’optique d’organiser un « dialogue, a mis en place un organe en charge de son organisation, le CODNI. À quelques exceptions près, cet organe semble malheureusement être le nouveau visage du MPS (cest le cas d’ailleurs de beaucoup des institutions) parti de l’ancien Président Idriss Deby Itno. C’est pourquoi, dès son installation, des partis politiques, des membres de la société civile, voire même des politico-militaires qui, dans leurs amendements à l’avant dernier projet d’accord entre eux et le gouvernement en place proposé par le médiateur Qatari, avaient demandé la réforme de cet organe, chose qui semble être mise de côté. Cet état de fait, nous a conduit à ce que décrit l’analyste Amine Idriss, dont je cite quelques extraits :<< en analysant finement le « quota » de participation des forces dites vives au DNI, on peut voir clairement que le MPS contrôle la majorité des délégués… il s’agit donc ni plus et ni moins que d’un congrès du MPS aux frais du contribuabl, et je m’étais lourdement trompé quand j’avais écrit il y a presque un an que le MPS est en voie de disparition… le DNI l’a fait renaître… avec les mêmes traver… Le risque de monologue est grand et le risque d’avoir une salle « d’applaudisseurs » constitués de militants cachés en lieu et place de gens qui pensent le Tchad est réel…
…afin d’éviter un monologue, et marcher résolument vers le DIALOGUE, qui est par définition multipartisans, et créer des consensus solides, le CODNI doit revoir sa copie… sinon les mêmes causes produiront les mêmes effets…
PS: je ne vois pas de nombre adossé au groupe des Mouvements Politico Militaires signataires de l’accord de DOHA »…>>

Au final, comment comprendre ces attitudes et le comportement du CODNI à l’approche du dialogue national ? On a l’impression que d’aucuns ne veulent pas que le Tchad ait un nouveau visage, ce qui risque de nous faire glisser encore dans des terrains obscures et ceci n’est ni bon pour le Tchad, ni pour nous, encore moins pour les futures générations.

Que Dieu Bénisse et Protège le Tchad !
Que Dieu Bénisse et Protège l’Afrique !

Wardougou Kelley Sakine, étudiant en droit public à l’université Gaston Berger de Saint-Louis !

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