Idriss Deby reconnaît enfin avoir saigné le Tchad pendant vingt-sept ans. C’est ce que les Tchadiens connaissent et ont dénoncé depuis plus de deux décennies. Le silence habituel serait meilleur pour le despote tchadien.
Déjà avant l’an 2 000, des citoyens de notre pays ont constaté et dénoncé la destruction des fondements républicains du pays, le pillage systématique des richesses nationales, et se sont demandé « Où va le Tchad ? » Idriss Deby cherche à justifier aujourd’hui la faillite de l’État par ses deux interventions militaires hors du territoire national, au Mali et au Nigéria.

En tout cas, un heurt d’une heure contre un groupe d’islamistes maliens dans la montagne d’Ifoghas (Nord du Mali), avec un appui de forces aériennes françaises, ne peut pas coûter des milliards d’Euros à l’armée d’Idriss Deby. Nul ne peut croire que quelques patrouilles contre des djihadistes au Mali et autour du Lac-Tchad ont épuisé toutes les réserves du Tchad, y compris les énormes revenus pétroliers pendant près de trois décennies ?

Les citoyens du Tchad savent pertinemment que les revenus pétroliers et le reste des ressources du pays depuis 1990 sont dans les poches des tenants du pouvoir et des groupes mafieux de toutes nationalités. C’est une vérité de tous les jours au Tchad.

Les Tchadiens ignorent également contre quelle menace de la paix ou de la sécurité du monde qu’Idriss Deby avait dépêché des expéditions militaires au Rwanda, au Congo-RDC, en Centrafrique et récemment au Yémen (en Orient) à de milliers de kilomètres des frontières tchadiennes.

La faillite de l’État Tchadien est bien la résultante du pillage en règle des richesses nationales pendant plus de vingt-sept ans et l’absence de l’État régulateur de la vie, c’est un secret de polichinelle. Idriss Deby dénonce qui aujourd’hui, sauf qu’il se dénonce et se ridiculise ?

Azoungo Dougli

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