06/01/2017: TCHAD: Djiddi Saleh Kedellaye & les conséquences de son passage à la tête de l’ANS. Djiddi Saleh Kedellaye, considéré comme le sécurocrate d’Idriss Déby est a nouveau nommé au Palais rose. Une planque pour qu’il soit à l’abri de la justice internationale, mais peine perdue. Ancien patron de l’Agence nationale de sécurité (ANS), Djiddi Saleh s’est à nouveau rapproché d’Idriss Déby après sa nomination, le 30 décembre 2016, comme conseiller spécial chargé de la sécurité à la présidence – la fameuse porte de sortie vers le garage comme le disent les Tchadiens. Ce Gorane de Moussoro (centre -Ouest), qui fut le conseiller de l’ancien président tchadien Goukouni Weddeye, dirigeait d’une main de fer cette police politique depuis 2012. Fidèle du chef de l’État, Djiddi Saleh était à la base d’un faux rapport mis à la disposition d’Idriss Déby, évoquant que le trésor tchadien avait fait un virement de plus de 50 milliards de FCFA à la banque de l’état de New York via la banque de France. Après investigation et interrogation de la banque de France, il s’avérait que la fameuse banque de l’état de New York n’existe pas et l’information est fausse, elle était destinée à tailler sur pièce le TPG de l’époque. Pire, plusieurs compatriotes sont en maille pour régler avec lui plusieurs litiges. Assassinats, déportation à Koro-Toro, trafic d’influence, et dernièrement détournement de fonds public. Sous les sceaux du terrorisme, il a régulièrement assisté aux réunions nocturnes des sécurocrates du régime, afin de faire le point sur la menace Boko Haram. Profitant de l’état d’urgence, cet homme à l’allure d’une momie n’a fait que des sales besognes. En faisant son entrée au Palais, Djiddi Saleh Kedellaye cherche-t-il à se mettre à l’abri? En mars 2016, une plainte a été déposée contre lui à Paris par la famille d’un soldat tchadien décédé dans les geôles de l’ANS à N’Djamena. Cette procédure est soutenue par Jean-Marc Fédida et Julie Fabreguettes (cabinet Fédida à Paris). Deux autres plaintes sont aussi en cours d’instruction au tribunal de grande instance de Paris, compétente à juger des faits commis hors du territoire français. Djiddi Saleh Kedellaye a deux passeports, le diplomatique tchadien qui lui garantit l’immunité, et le passeport français qu’il a acquis lorsqu’il était réfugié en France. Malgré son passeport diplomatique, la requête lui a été envoyée à son domicile d’Angers. Les jours s’égrènent et finiront par le rattraper. Tout est une question de temps… À suivre.

 

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