Les négociations à Doha se sont installées dans une espèce de routine où le temps n’est plus compté. La prise en charge totale du Qatar a bien facilité les choses et le gouvernement prend son temps pour faire des propositions à chaque mouvement. Ils peuvent encore rester quelques mois, qu’importe. Nous avons eu la sortie vidéo honteuse des demandes de per diem. Cette vidéo a fait le tour d’Afrique, relayée par WhatsApp et a discrédité les politico militaires à Doha. Soulignons qu’aucun mouvement à Doha n’a condamné cette sortie ou ne s’en est démarquée. Le Qatar a donc distribué des per diem.

La crise au sein du CCSMR s’est aggravée au point que le Président du mouvement a exclu le chef de la délégation lequel a reçu le soutien de l’Etat-Major. Or, le chef de la Délégation est toujours sur place à Doha. Ainsi donc, on constate que le maître du jeu des négociations est le gouvernement tchadien qui va certainement choisir le chef de délégation pour finaliser avec lui d’autant plus que l’aile militaire est, ce qui intéresse le plus le gouvernement.

Si à Doha, l’atmosphère de luxe et de repas festif sont le tempo, les Tchadiens s’en détournent totalement face à la situation au Tchad où les populations vivent un calvaire inimaginable dans l’indifférence généralisée.

Qui est le Directeur de la Société Nationale d’électricité ? Et que fait-il ? Que dit-il de cette situation de faillite totale dans la fourniture d’électricité aux populations ? Une semaine, un mois pour certains quartiers sans eau ni électricité. Mahamat Idriss Deby, Président du CMT est directement interpellé, lui qui a la charge du bon fonctionnement des services de l’Etat. Avec un tel disfonctionnement, une telle crise, une telle faillite, dans n’importe quel pays, un véritable comité de gestion serait mis en place et les problèmes posés sur la table pour trouver les voies et moyens de soulager les populations, en souffrance avec une météo pas clémente du tout, 49 degrés à l’ombre en ce mois du Ramadan.

Les Tchadiens ont ainsi l’opportunité de constater que, majoritairement, ils vivent le même calvaire, qu’ils habitent à Moursal, Ridina ou à la Rue 40. Voilà le socle qui doit les faire réagir ensemble. Vivre ensemble et combattre ensemble les affres de leur vie au quotidien face à un gouvernement qui n’a aucune compassion pour son peuple et qui vit dans sa bulle d’avantages, de vie facile grâce à la captation de toutes les ressources du pays.

Les tiktokeuses ont, largement, avec leurs mots et leurs contraintes, dénoncé l’absence d’électricité. Sur Facebook, beaucoup de personnes ont réagi. Sans changement. Il ne faut pas accepter cette vie au rabais, indigne des années 2022 et en porte à faux avec les réelles ressources du pays. Les femmes tchadiennes sont celles qui souffrent le plus, celles qui doivent gérer au quotidien cette vie de privation d’eau, d’électricité, de hausse de prix des denrées de première nécessité. Face à la brutalité de ce pouvoir, et face à son inhumanité, il faut savoir comment agir. Ainsi, tout en restant chez vous, coordonnez-vous pour qu’à telle heure, par exemple, 18 h, en restant chez soi, tout le monde frappe sur les casseroles et ce dans tous les quartiers. Cette clameur de bruits de casseroles, de marmites montera dans la nuit noire faute d’électricité et dépassera le bruit des groupes électrogènes et sera l’expression de votre ras-le-bol. Chaque jour, toujours plus de personnes taperont sur tout ce qui fait du bruit. Et cette action sera diffusée par tous les médias, toute la diaspora et les réseaux sociaux. Et on verra, s’il n’y aura pas du mieux.

La vie est un combat dit-on. Combattez pour vivre une vie normale comme les autres. Est-ce trop demander à un gouvernement ?

LA REDACTION DE ZOOMTCHAD

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