Le responsable d’une des plus grandes ONG tchadiennes de défense des droits humains, Mahamat Nour Ahmet Ibedou, a été suspendu de ses fonctions par ordonnance judiciaire, mesure à laquelle ses avocats se sont opposés, ont-ils affirmé dimanche 23 août à l’AFP.

«Nous avons fait une opposition à l’ordonnance faite par le président du tribunal de grande instance de N’Djamena, qui suspend le secrétaire général de la CTDDH», la Convention tchadienne de défense des droits de l’Homme, a détaillé l’avocat Mahamat Hassan Abakar, qui précise que l’ordonnance de suspension avait été signée le 12 août.

La CTDDH, tout comme d’autres ONG de défense des droits humains, critiquent régulièrement le régime tchadien, dirigé par le président Idriss Déby Itno depuis 30 ans.

L’ONG a critiqué la suspension de son secrétaire général, établie selon un communiqué sur la base d’une plainte déposée le 12 août par un membre, Ahamat Hassaballah, qui ne fait plus partie de l’organisation depuis le 28 juillet.

«Les membres du comité exécutif condamnent avec la dernière énergie ce complot lâche et odieux orchestré par les plus hautes autorités du pays, avec l’aide de la justice tchadienne qui est en fait le bras armé du pouvoir», avait dénoncé l’ONG dans un communiqué.

Le collectif des associations des droits humains tchadien estime pour sa part dans un communiqué «que cette procédure est une atteinte à la liberté associative».

Le ministre de la Justice, Djimet Arabi, a pour sa part affirmé à l’AFP qu’il s’agissait «purement d’une affaire interne».

«Une dizaine de membres de son association a saisi la justice pour contester la gestion de l’association par son secrétaire général», a-t-il détaillé, ajoutant: «si le gouvernement trouvait que le secrétaire général de la CTDHH gêne à travers ses prises de position, il aurait la possibilité de suspendre les activités de l’association, mais ce n’est nullement le cas».

Tchadanthropus-tribune avec Le Figaro

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