Les élections législatives au Tchad, maintes fois différées depuis plus de 5 ans, ont finalement été fixées à octobre 2021. Le Maréchal dictateur Idriss Déby ayant successivement justifié leur report, des fois à cause des difficultés financières, d’autres fois c’est l’alibi de la menace terroriste, et la dernière trouvaille est le Covid-19. Toute situation est propice pour charger l’opposition qui s’arrime en ordre dispersé à cause des magouilles indéniables.

Depuis 2011, l’actuelle Assemblée nationale est complètement dominée par le parti (MPS) honni par les Tchadiens grâce à un jeu de chaise grâce à des minuscules partis politiques créés pour le désordre démocratique. Idriss Déby règne en vrai potentat des airs nouveaux, dirigeant un pays dans lequel la précarité de la population n’a pas changé en presque 30 ans de gouvernance sans partage.

Assez souvent pour masquer ses incompétences, le dictateur tchadien prend prétexte sur le terrorisme djihadiste pour expliquer le manque de développement. De 2019, 2020 puis 2021, les promesses sont à chaque fois retardées, surtout quand il prend les constantes de l’humeur populaire qui lui sont défavorables.

La commission électorale nationale indépendante et le cadre national de dialogue politique, les deux organes en charge des élections, ont été sommés il y a quelques jours par le dictateur tchadien d’accélérer le processus électoral qui bat de l’aile depuis des années. Et cela dans un environnement fait de plusieurs magouilles et de déstabilisations au sein de l’opposition.

Après concertations, et surtout une pression d’Idriss Déby lui-même, la présidentielle est prévue pour le 11 avril 2021, l’échéance normale et les législatives le 24 octobre de la même année soit plus de six ans après la fin du mandat des députés.

Un calendrier qui consacre une inversion du cycle électoral ; normalement, les législatives ont lieu avant la présidentielle. On assiste donc aussi, à un nouveau report des législatives, là où le MPS voudrait avoir la garantie de s’assurer d’occuper l’exécutif suprême (présidence de la république), puis distiller les magouilles face à une opposition fragilisée, et faire les trafics d’influence et les achats de conscience.

C’est le chronogramme des élections rendu public par la CENI (la Commission électorale) et le CNDP (le cadre national de dialogue politique), après un ultimatum d’une semaine donnée par le maréchal dictateur Idriss Déby Itno.

Le scrutin devra permettre l’élection de 166 députés contre 188 actuellement, pour l’unique chambre du Parlement tchadien, qui s’apparente davantage à une chambre d’enregistrement, archidominée par le parti de M. Déby.

« J’espère que, pour une fois, le scrutin sera tenu, dans un calendrier établi sous la dictée du MPS, qui a toujours souhaité que les législatives se tiennent après la présidentielle », observe pour l’AFP Saleh Kebzabo, député et un des leadeurs de l’opposition, à la tête de l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau (UNDR).

Le MPS et ses satellites contrôlent 146 des 188 sièges de l’Assemblée sortante. « L’inconvénient aussi, c’est qu’ils seront encore en place pendant plus d’un an, toujours dans l’illégitimité », déplore M. Kebzabo.

M. Déby n’a pas annoncé officiellement s’il briguerait un nouveau mandat, mais cela ne fait guère de doute dans l’esprit de ses opposants et des observateurs politiques.

Tchadanthropus-tribune avec Tchad Convergence et AFP/RFI

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