Investigation.

L’affaire de la SONACIM/Gate avait bien commencé depuis 2019, précisément le 28/07/2019, quand deux groupes devraient être achetés à 1 million et 500 mille dollars. Le DG de l’entreprise était Mahamat Timan Deby. La direction de la SONACIM est allé payée plus de 900 millions de FCFA au profit d’une société appelées RIGA Égypte Construction, mais en vérité cette société RIGA Égypte construction est une société-écran qui s’est volatilisée, mais que la société propriétaire de ces deux centrales électriques s’appelle NAG-HAMADY.

La société Écran RIGA Égypte Construction empoche les 900 millions de FCFA, et réapparaît pour aller racheter les deux centrales électriques à la société NAG-HAMADY en lui versant 400 millions de FCFA. Sur les 900 millions, la différence de 500 millions de FCFA s’est volatilisée. Toute cette opération s’est déroulée en 2019.

 

Après un autre DG est nommé. Hamat Issakha Diar. Le nouveau DG entrant fait l’état des lieux, et conteste les opérations précédentes et l’acquisition de ces centrales électriques, vétustes et d’occasion. Selon nos sources, il refuse catégoriquement d’aller faire le constat.

Dans son élan de restructuration, Hamat fait une demande à feu Idriss Deby de 3 milliards et demi de FCFA pour acquérir des centrales de hautes puissances. L’ex-président Idriss Deby refuse sur le coup et envoie une mission en Égypte (Ordre de mission N0 0041/PR, du 19 février 2021) pour constater l’existence ou non de ces deux centrales électriques de 12 Mégawatts. La mission comporte 2 conseillers à la présidence, du DG de la SONACIM et d’un technicien.

Selon les mêmes sources, arrivée au Caire, l’équipe de la mission se divise. Les deux conseillers restent à l’hôtel au Caire, et le DG de l’époque Hamat et son technicien se rendent à LUXOR, ville au sud de l’Égypte pour constater de visu les deux centrales électriques. Seul bémol, les 2 conseillers ne figurent pas sur le PV signé entre l’entreprise en question et le DG en plus de son technicien.

De retour à N’Djamena, le DG Hamat pond son rapport de mission contre signé par les deux conseillers, et recommande qu’on verse les 3 milliards 500 millions de FCFA pour faire une nouvelle acquisition.

Après coup, les 3 milliards et 500 millions de FCFA ont été versés à la SONACIM sur instruction de feu Idriss Deby. Le DG Hamat se dirige vers le Sénégal pour l’acquisition de 4 groupes d’occasion d’une capacité chacun de 2,5 mégawatts. La SONACIM a besoin de 6 mégawatts pour fonctionner à plein régime. Malheureusement selon nos informations, 2 sur les 4 groupes acquis tombent en panne (octobre 2020). Les deux autres produisent 1,6 mégawatt alors que dit plus haut, la SONACIM a besoin de 6 mégawatts pour fonctionner.

Selon les mêmes sources, les 4 groupes achetés au Sénégal auraient coûté 1 milliard 300 millions de FCFA. Où s’est évaporée la différence ? (3,5 milliards – 1,3 milliard = 2,2 milliards). Donc jusqu’à présent l’état doit savoir où est partie la différence…

Maintenant arrive une 3e direction embourbée dans l’affaire de 650 000 euros. Cette direction trouve sur son bureau deux dossiers. La 1re gestion (2019) établit avec la société-écran RIGA Égypte constructor, et la 2e gestion (2020) des groupes électriques achetés au Sénégal. Elle se rend compte qu’il y a l’existence de deux centrales électriques avec une capacité de 12 mégawatts depuis plus de 3 ans. La direction diligente alors une mission avec un expert sur les lieux, et expertise les deux engins, et tire la conclusion avec quelques recommandations que les 2 groupes malgré leur vétusté peuvent faire fonctionner l’usine de Baoré. Sauf que le client égyptien pose ses conditions et exige 2 semaines pour finaliser l’affaire.

De retour à N’Djamena, l’équipe avec l’expert contacte le ministère de mines pour finaliser l’affaire. Le ministère indique de prendre contact avec une banque de la place pour opérer un virement vers le client égyptien, mais la banque fait savoir que pour faire ce virement, il faut attendre deux mois. La banque ne peut pas de suite faire cette opération en raison du scandale lié à la SHT et le contrôle de COBAC, etc.

C’est pourquoi il a été décidé avec l’accord de la hiérarchie (ministère des Mines) d’effectuer cette mission bancale, irréfléchie de transporter du cash dans un sac, comme si on était au grand marché de N’Djamena. Depuis quand une entreprise d’État, même si sa hiérarchie donne son accord, se fout de la législation en cours pour faire sortir des devises d’une telle importance du pays sans l’aval des autorités des douanes, de la Sécurité et des renseignements ? La bourde est qu’il ne faut pas prendre cette mission à la légère, surtout dans un environnement où chaque jour on parle de détournements de plusieurs milliards de nos francs. Quoi qu’on puisse dire, cette mission avec autant de cash est condamnable.

Qu’est-ce qui s’est passé à l’aéroport Hassan Djamous de N’Djamena ?

Selon un de nos correspondants, au Jour du départ vers l’aéroport Hassan Djamous de N’Djamena, le DG actuel (Elhadj Biney EMMA) instruit son trésorier pour aller faire les formalités de voyage. À l’aéroport pendant les formalités, les services des douanes furent saisis, et exigent le paiement de 2 % cash sur les 650 000 euros comme taxe sur les devises, ce que refuse le DG et explique qu’il s’agit d’une mission d’état. Les douaniers persistent, et le DG cède et demande une décharge contre argent, le temps de faire la procédure de demande d’exonération. Sauf qu’à l’aéroport tous les services furent mis au courant (Chef de bureau de douanes, chef de brigade douanes, RG, ST, ANS, immigration), tout ce monde s’achemine vers l’argent étalé sur une table et présenté comme trafic de fonds. Il faut noter au passage que tous ces responsables arrivés sont issus d’une seule communauté.

L’argent fut filmé et certains l’ont partagé sur les réseaux sociaux.

Normalement, l’état doit éclaircir cette situation aux tchadiens et assumer que c’est une mission d’état qui a dérapé, mais non, le suspense reste entier jetant les responsables actuels de la SONACIM aux gémonies.

Les responsables de la direction de la SONACIM ne sont ni interpellés ni arrêtés, donc si c’est le cas, les raisons doivent être ailleurs.

Quand on a posé la question à certains cadres pendant l’investigation, certains affirment que le DG actuel a géré par le passé 2 projets avec la banque mondiale, 2 années et demie dans le projet PURCAE et 2 années et demie avec le projet PRAPS-Tchad. Il n’a jamais été appréhendé pour un franc, pourquoi maintenant ?

Oui, mais quand on tombe brutalement sur une découverte de cash dans un aéroport au départ d’un pays, toute personne n’aura à l’esprit que c’est une fuite des capitaux ? Maintenant dans un pays où tout le monde est pire qu’un vautour, chacun est libre de penser et d’avoir à l’esprit qu’on est en train de voler le peuple tchadien. L’état doit gérer le patrimoine national selon les normes en vigueur. Pour ne pas être suspect, il faut passer par le canal de la banque qui est le service approprié pour les transferts de fonds.

Pour finir, il faut noter que la SONACIM, société d’État, depuis son lancement est aujourd’hui endettée à hauteur de 23 milliards de FCFA.

Quelques jours après la saisie à l’aéroport de 650 000 euros en espèces, en lien avec le processus de finalisation du rachat des groupes électrogènes de la SONACIM, le PGD de l’entreprise égyptienne NAG-HAMADY FIBER BOARD CO, Cherif Kallini réagit. Mr Cherif Kallini estime que le directeur général de la SONACIM, Elhadj Biney Emma, veut simplement rattraper les erreurs de l’ancienne équipe de sa société qui n’a pas pu finaliser le processus de rachat des groupes électrogènes dans le délai prévu par le contrat. « C’est un honnête homme qui veut simplement éviter les pénalités pour sa société et les pertes inutiles pour son pays. Il a la volonté de résoudre le problème d’électricité pour son usine. Vous devez le soutenir », a-t-il indiqué dans un post sur Facebook.

Il a par ailleurs affirmé qu’il est en train de discuter avec son staff pour repousser le délai de pénalités afin de permettre à la SONACIM d’avoir de temps raisonnable pour un transfert interbancaire.

Tchadanthropus-tribune

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