Tandis que les prix de l’électricité au Mali atteignent des sommets, du fait des difficultés du fournisseur public, certains pays comme le Maroc s’en sortent mieux.

À Bamako, les Maliens vivent au rythme des coupures d’électricité depuis plusieurs mois. Énergie du Mali (EDM), fournisseur public, croule sous une dette colossale de 600 milliards de francs CFA et n’arrive pas à alimenter convenablement les foyers maliens. Les délestages sont monnaie courante dans le pays en raison de la vétusté ou de l’absence d’infrastructures réseau dans certaines régions, et le peu d’électricité produite est rationnée. Les habitants n’ont droit qu’à six à douze heures de répit par jour.

A lire : Sans une réforme d’Énergie du Mali, Assimi Goïta pourra-t-il tenir sa promesse ?

Ces difficultés font du Mali le quatrième des États où les prix de l’électricité sont les plus élevés sur le continent, si l’on lit par le bas le classement du comparateur Verivox, qui se base sur le rapport du site spécialisé Global Petrol Price. Pour s’offrir un kilowattheure (kWh) d’électricité, un Malien débourse en moyenne 20,03 centimes d’euro, au premier trimestre 2024. Le pays arrive derrière le Cap-Vert (28,71 centimes d’euros), la Sierra Leone (23,34 centimes d’euros) et le Kenya (20,29 centimes d’euros).

Pour aider le Mali et EDM à sortir de cette crise énergétique, la Banque mondiale a annoncé, le 22 avril, débloquer une enveloppe de 60 millions de dollars. Selon Alousséni Sanou, ministre malien de l’Économie et des Finances, cette somme est mise immédiatement à la disposition du pays. Elle permettra à « EDM de faire face aux achats de carburants ou d’énergie », poursuit le ministre.

L’Éthiopie, la Tunisie et l’Algérie parmi les bons élèves

À contre-courant de cette tendance, les populations de trois pays africains – l’Éthiopie, la Libye et le Soudan – déboursent entre 0,51 centime et 0,76 centime d’euros pour se procurer 1 kWh d’énergie. Avec une capacité énergétique installée de 2 400 Mégawatts (MW), l’Éthiopie se classe parmi les bons élèves, à la deuxième place du palmarès. Géant énergétique, le pays revend de l’électricité à son voisin kényan, qui – en dépit de grands projets énergétiques – n’arrive pas à satisfaire aux besoins de ses habitants.

Ce dernier est pourtant mieux équipé en matière de desserte de son réseau, puisque son taux d’électrification est de 77 %, contre seulement 54 % pour l’Éthiopie, selon un rapport de la Banque mondiale publié en 2023.

Avec 3,63 centimes déboursés pour l’obtention d’un kWh, l’Algérie se situe en bonne position dans le classement de Verivox. À ses côtés on retrouve la Tunisie et le Cameroun, où le prix du kilowattheure est de respectivement 6,22 centimes d’euros et 7,63 centimes d’euros.

Hausse des prix

Le Maroc et la Côte d’Ivoire arrivent à se hisser en milieu du tableau. Les deux pays revendent le kilowattheure d’électricité respectivement à 10,76 centimes d’euros et 12,2 centimes.

Ces derniers mois, les tarifs de l’énergie ont connu des augmentations sur le continent. Le dernier pays à avoir réévalué ses prix est la Côte d’Ivoire, où les bénéficiaires ont vu leur facture d’électricité grimper de 10 %. Cette mesure impopulaire s’explique, selon le président Alassane Ouattara, par la nécessité de sauver « un secteur dont l’équilibre financier devient de plus en plus précaire ».

Jeune Afrique

513 Vues

Il n'y a pas encore de commentaire pour cet article
Vous devez vous connectez pour pouvoir ajouter un commentaire