Le patron de la défunte junior canadienne fait tout pour réduire les chefs d’inculpation qui le visent. Il a demandé à la justice américaine un report d’audience dans le but de lui permettre de réunir les derniers documents concernant l’obtention controversée de deux permis pétroliers dans le bassin de Doba en 2011.

Alors qu’il aurait dû être fixé sur son sort le 22 février, le cofondateur de Griffiths Energy, le Canadien Naeem Riaz Tyab, a lui-même demandé au tribunal du District of Columbia de repousser la date de l’audience de détermination de la peine (sentencing hearing) au mois de mars. Dans ce dossier, la compagnie canadienne Griffiths Energy – devenue en 2012 Caracal Energy, avant d’être rachetée en 2014 par le trader suisse Glencore – est soupçonnée d’avoir versé deux millions de dollars à plusieurs officiels tchadiens pour obtenir des permis pétroliers en 2011. Parmi eux : l’ex-ambassadeur tchadien aux Etats-Unis (2004-2014) Mahamoud Adam Béchir, son épouse Nouracham Béchir Niam, ainsi que l’ancien adjoint du chef de mission à l’ambassade du Tchad (2007-2012) Youssouf Takane. Tous trois sont également poursuivis par le Department of Justice (DoJ) américain (AI du 28/05/21), mais ils n’ont pas été arrêtés.

Tyab, quant à lui, a été appréhendé aux Etats-Unis en février 2019 avant d’accepter, en avril 2019, une procédure de « plaider coupable ». Très courante aux Etats-Unis, celle-ci lui permet d’ouvrir une négociation avec l’accusation pour obtenir la réduction des chefs d’inculpation. Mi-février, Tyab a demandé au juge Richard Leon de repousser à la semaine du 14 mars le verdict de la cour. Dans une lettre transmise au tribunal, et cosignée par les avocats du DoJ Kathryn Rakoczy et Steven Parker, l’avocat de Tyab Joseph Jay indique que son client « est en attente de plusieurs documents » qu’il aimerait transmettre au tribunal avant que celui-ci ne donne sa décision.

Coopération avec le DoJ

Naeem Tyab « a travaillé avec diligence pour localiser tous les documents et rapports passés liés à ses arrangements financiers, dont beaucoup remontent à 10 ans ou plus, et sont situés dans des juridictions étrangères et/ou sont détenus par des tiers », précise la lettre. Le 15 février, le juge Léon a accepté le principe d’un report d’audience, sans indiquer la date du report. Il a demandé aux deux parties de notifier au tribunal lorsque Tyab aurait « terminé sa coopération avec les États-Unis ».

Outre le versement de deux millions de dollars, Griffiths aurait également permis à Béchir, son épouse et son ex-adjoint, d’obtenir des actions à prix cassés dans l’entreprise, en violation du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA). Ces arrangements ont permis à la société d’acquérir les permis Mangara et Badila dans le bassin de Doba. Glencore, qui a récupéré ces actifs en 2014, les a récemment cédés au groupe Perenco (AI du 19/01/22). Griffiths Energy n’a pas été poursuivi devant la justice américaine, s’étant de son côté acquitté d’une amende de 10,3 millions de dollars canadiens dans son pays (AI du 18/11/14).

Tchadanthropus-tribune avec la Lettre du Continent

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