Durant la semaine du 17 au 22 novembre, l’Université de N’Djamena a organisé les soutenances des thèses de ses deux écoles doctorales. Parmi les nouveaux docteurs, plusieurs ont impressionné les jurys, notamment Allaramadji Mouldjidé, en sciences géographiques, qui a obtenu les félicitations du jury avec la note de 18 sur 20 pour sa recherche sur l’accès aux ressources hydriques dans la province du Logone occidental.

 

Son travail sous le thème « L’analyse d’accessibilité aux ressources hydriques par télédétection et Système d’information Géographique : cas de la Province du Logone Occidental au sud-ouest du Tchad » a été qualifié de crucial dans un pays où l’accès à l’eau potable reste un défi majeur, malgré les efforts des autorités.

 

« Le Tchad devrait atteindre 80 % d’accès à l’eau potable selon la stratégie nationale, mais nous sommes encore à moins de 30 % au niveau national et 33 % dans le Logone Occidental », explique Allaramadji. Sa recherche vise à cartographier les zones où l’eau est disponible, accessible et potentiellement exploitable, afin de guider les décisions locales et provinciales.

 

Des résultats concrets et préoccupants

L’étude d’Allaramadji révèle des disparités frappantes au sein de la province. Le département de Ngourkosso souffre d’un accès limité aux nappes souterraines, les populations locales ne pouvant forer pour atteindre l’eau. Guéni, malgré une nappe facilement accessible, ne dispose que de 5 % des points d’eau provinciaux. À l’inverse, Dodjé et Lac-Wey bénéficient d’une pluviométrie plus favorable, et certaines localités comme Beinamar, Deli ou Kaga pourraient exploiter leur nappe pour répondre aux besoins de la population.

 

Le désormais docteur attire également l’attention sur les conséquences sociales de cette situation : « Les filles et les mères parcourent souvent entre 500 mètres et un kilomètre pour chercher de l’eau, perdant parfois plus d’une heure par jour. Cela impacte directement l’éducation des jeunes filles. »

 

Un outil pour la prise de décision

Au-delà de la cartographie, cette thèse constitue un véritable outil d’aide à la décision pour les autorités locales. « Nos résultats indiquent où implanter des forages et comment limiter la contamination des nappes. Le conseil provincial et les élus peuvent s’en servir pour élaborer le Schéma Régional d’Aménagement du Territoire », précise Mouldjidé.

 

Son étude ne se limite pas à la collecte de données : elle propose des solutions concrètes pour améliorer la vie quotidienne des habitants et réduire les inégalités d’accès à l’eau. Selon lui, une exploitation raisonnée des nappes pourrait bénéficier à l’ensemble de la province et soutenir le développement économique local.(TI)

Tchadanthropus-tribune

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