Lâche de ne vouloir voir que notre pays est entrain de sombrer, et que certains veuillent l’accompagner jusqu’au cimetière.

Chaque jour, chacun d’entre nous, qu’il soit du régime ou ailleurs remarque l’injustice, la mauvaise gouvernance et l’impunité la plus absolue, mais on se contente de son petit confort alors non loin de nos murs, meurent un de nos parents dans la précarité totale.

Pourquoi jouons-nous aux hypocrites des locaux, les mêmes hypocrites genre intellectuel que la bravoure ne sied pas. Ce Tchad que chacun veut chérir, mais avant la patrie, la panse, ne saurait se lever alors qu’il est sur béquille.

Nos mômes sont-ils bien éduqués ?

Parlons de l’école qui est la base fondamentale de toute orientation et du savoir. Sans cela, aucun fondement ne saurait toiser l’avenir. Nos mômes sont aujourd’hui des minis adultes qui se battent comme des chiens affamés sur des miettes, de l’argent qui leur appartient en plus. Voilà une jeunesse initiée et orientée vers le gain facile, qu’une dictature féroce féconde ses errances pour mieux la diviser. Les images qui circulent dans les réseaux sociaux concernant les 10 000 dollars offerts par Déby lors de sa visite à l’ONU illustrent et résument exactement le mode de gouvernance au Tchad, et comment cette même dictature tient toute la population en lesse. Alors que toutes les richesses de notre pays sont extraites (Ex. Batha, Tibesti) pour les exporter ailleurs.

Non loin de là, des régions dans le Wadi Fira souffrent de manque d’eau, une population qui a ses fils juchés au pouvoir presque 3 décennies et qui n’ont su élever une chose viable (santé, école, hydraulique, agriculture). En dehors de la bourgade d’Amdjaress représentative d’une mégalomanie personnelle d’une dictature, tout ce monde a fondé ses richesses dans la débauche, l’arrogance et la perversion, les villas et les voitures.

À titre de comparaison, N’Garta Tombalbaye en 15 ans de pouvoir, avec des moyens rudimentaires a fait du Moyen-Chari une région où les hôpitaux (Seymour et Goundi), les écoles (Charles Lwanga, Bailli, etc.), des routes et des industries qui ont fleuri. Une époque jusqu’aux années 1990, où les détournements de deniers publics étaient absents ou très minimes. Où les fonctionnaires et l’État sont respectés.

Nous sommes lâches, qu’on se le reconnaisse, car avec le pouvoir MPS, chaque tchadien sait l’imperfection du système, du bien national, mais ce qui l’intéresse est sa petite personne, sa petite famille et sa petite ethnie. Tout est segmenté et morcelé pour que jamais le puzzle ne se mette en place.

Le Tchadien est devenu celui qui arrive à l’étranger et qui insulte et critique le régime MPS et Idriss Déby, en le dénonçant au sein des différentes diasporas, mais dès qu’il remet pied au Tchad traite en retour toutes les diasporas de voyous, de lugubres assistés aux minimas sociaux.

Lâche dis-je avec cette conviction de nous mettre à rire sur notre compatriote dans le malheur, sans avoir le courage de lui venir en aide, mais pire encore de cracher sur celui qui fait notre bonheur dès qu’il a le dos tourné.

On est tous lâches de dire que personne n’ose affronter et dénoncer l’injustice au prix de nos vies, et pourtant pour sacrifier la vie d’une jeunesse pour asseoir son pouvoir on sait la prendre.

Les tares de ce régime sont connues de tous. Chaque tchadien le maugrée, mais il a peur de plaindre son sort à partir du moment où il picore les résidus qu’on lui laisse avoir.

La lâcheté n’a pas une autre définition que la capitulation de l’esprit. Certains ne seront pas d’accord certes, mais qu’ils se posent les bonnes questions, où est la simple justice, la justice dans le bonheur, ou l’injustice dans le malheur. Si on ne veut comprendre justement ce raisonnement, alors vivons dans la lâcheté et la traitrise des nôtres, sans pouvoir leur daigner la simple existence.

Regardons les nôtres mourir, se faire humilier et continuons de nous trouver des excuses. Si cela n’a pas un autre synonyme que la lâcheté.

Assileck Halata Mahamat

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  • Je suis d’avis grand-frère! Nous sommes plus que des lâches. C’est non sens de ne pouvoir répondre présent quand il est question de le faire. Nous jeunes de cette Nation, sommes tués à petit feu depuis belle lurette mais réfusons de sortir de notre gond. C’est vraiment alarmant ce que Déby et ses Sbires nous font vivre.

    Commentaire par Marcellin Mbaindiguim le 7 novembre 2019 à 17 h 29 min