Comme si on devrait s’y attendre, ce que le peuple tchadien voudrait entendre est arrivé en milieu de matinée à travers un communiqué officiel de FACT, affirmant une autre victoire en investissant la localité de Gouri, une position très stratégique sur la route de Faya-Largeau.

L’information est confirmée par radio France internationale en milieu de journée.

D’après plusieurs sources, le FACT se déploie et affute ses armes pour un assaut final. Jusqu’à là il n’y a eu un combat de grande ampleur, mais cela ne saurait tarder dans les heures qui suivent. 

De son côté le régime Déby semble encore éviter l’affrontement direct. L’armée de Déby procède par les bombardements de certaines localités. Il pense épuiser ou annihiler les hommes de FACT et leur matériel de cette manière, mais il oublie la détermination des politicomilitaires à en découdre complètement avec eux.

Joint par notre rédaction, certains officiers au sein de l’armée de Déby affirment que les militaires ne veulent pas se battre. Beaucoup n’éprouvent pas le besoin ou l’envie de le faire. Ils commencent par se faire une raison sur la nature du pouvoir MPS.

 

Si ce cas est confirmé, et que les militaires ne veulent pas se battre, la route de N’Djamena sera toute tracée pour les hommes du FACT.

Une semaine après le début de l’offensive du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact) dans le Nord, ces derniers assurent contrôler un périmètre qui comprend la localité de Gouri, point névralgique à 200 km de Faya-Largeau. L’aviation tchadienne continue de bombarder les positions rebelles, les renforts seraient déjà arrivés pour mener une contre-offensive, selon des sources militaires.

En attendant, tout le monde a les yeux rivés sur la France, qui est déjà intervenue à plusieurs reprises contre des rebelles qui menaçaient le pouvoir de Idriss Déby.

Contrairement à ce qui s’était passé il y a deux ans, aucune intervention directe française n’est envisagée pour le moment. Cela serait même gênant d’un point de vue politique, estime le journaliste Antoine Glaser : « La France a besoin absolument d’Idriss Déby et de son armée, qui est la seule aguerrie dans le G5 Sahel. Il y a absolument besoin de l’armée tchadienne, qui vient de mettre 1200 soldats supplémentaires au Mali. Et en même temps, c’est évident que sur le plan de tous les discours démocratiques de Macron, disant : ce n’est plus la Françafrique, on ne compte plus les présidents au pouvoir, la France est très gênée. »

Mais il n’y a jamais eu d’« embarras stratégique » souligne un autre spécialiste de la région, en rappelant que Paris apporte autrement son soutien à l’armée tchadienne depuis le début de l’offensive rebelle.

« Il y a une méthode qui a été utilisée de très nombreuses fois, qui est de fournir au président tchadien et à son armée, tous les renseignements sur la nature des colonnes de rebelles, leur nombre, leurs positions, en les aidant d’un point de vue logistique, sans intervenir directement dans les affrontements. C’est quand même l’avantage pour le gouvernement français, de ne pas trop s’exposer vis-à-vis de l’opinion publique. Parce qu’en France, les gens sont quand même un peu réticents à soutenir un dictateur, comme ça, à bout de bras, et également au niveau international », estime Roland Marchal.

Mais les deux spécialistes n’excluent pas un changement de cap si la situation venait à s’envenimer.

C’est d’ailleurs dans ce cadre que l’ambassade des États-Unis émet pour la 2e fois une alerte pour ses ressortissants, de ne pas s’éloigner des périmètres extérieurs de N’Djamena, et dans le nord du Tchad.

En conséquence, les employés du gouvernement américain ont été temporairement empêchés de voyager en dehors de la ville de N’Djamena. Mesures à prendre : Le gouvernement américain décourage les voyages dans les régions du nord du Tchad. « Reconsidérez tout voyage au Tchad en dehors de la ville de N’Djamena. Surveillez les médias locaux pour les mises à jour. Vérifiez régulièrement les mises à jour de l’ambassade et du département d’État des États-Unis (liens ci-dessous) ».

Assistance : Ambassade des États-Unis à N’Djamena, située à Chagoua Round Point. Téléphone +235 22-51-50-17. Le numéro d’urgence après les heures d’ouverture pour les citoyens américains est le +235 66-62-21-00 ou le +235 22-51-50-17. 

NdjamenaACS@state.gov Département d’État – Affaires consulaires – 888-407-4747 ou 202-501-4444 

Tchadanthropus-tribune

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