Une foule en liesse a accueilli dimanche à N’Djamena au Tchad des soldats de retour du front à bord de colonnes de chars et de blindés. L’armée tchadienne a revendiqué dimanche la victoire contre les rebelles dont la percée en avril dans le nord du pays a abouti à la mort du président Idriss Déby.

« Tout est fini, le territoire national est sécurisé » a affirmé, dimanche 8 mai, le chef d’état-major de l’armée tchadienne, annonçant la fin de l’opération contre les rebelles dans le nord du pays. Plusieurs centaines de véhicules et blindés de l’armée tchadienne ont regagné dimanche la capitale tchadienne, accueillis par la foule.

« Le retour triomphant de l’armée dans les casernes aujourd’hui marque la fin des opérations et la victoire du Tchad », a dit Abakar Abdelkerim Daoud, chef d’état-major des armées, à des journalistes. » La guerre est arrivée et nous avons pu maîtriser la situation (…). Nous avons nettoyé les lieux et il n’y a plus rien maintenant. La situation est revenue à la normale », a-t-il ajouté.

Cette déclaration annonce la fin de combats qui ont débuté le 11 avril, jour de l’élection présidentielle au cours de laquelle Idriss Déby Itno avait été réélu pour la sixième fois consécutive. C’est lors de combats entre l’armée et le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) que le maréchal Déby, monté au front, a été tué.

L’armée tchadienne a exposé devant la presse 156 prisonniers rebelles, assis dans la poussière dans une base militaire de N’Djamena ainsi que de nombreux véhicules saisis.

« Je demande aux autorités de respecter leurs droits de prisonniers de guerre (et à) ceux qui sont encore en rébellion en dehors du pays de rejoindre la légalité pour qu’ensemble ils contribuent à bâtir un pays de droit et démocratique », a déclaré Béchir Mahadi, chef des opérations militaires du FACT, les cheveux longs et hirsutes.

Depuis le début de l’offensive, l’armée a assuré avoir tué « plusieurs centaines » de rebelles du FACT. Jeudi, le nouveau ministre de la Défense avait affirmé que la rébellion était en « débandade ».

 

Basé depuis sa création en 2016 dans le Sud de la Libye, le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad et ses colonnes de pickups sont d’abord descendus à partir du 11 avril, vers le sud en franchissant la frontière Libye-Tchad, puis sont passés par le Niger, avant de revenir au Tchad dans le Kanem.

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À lire : Qui sont les rebelles qui auraient tué le président tchadien Idriss Déby ?

Les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) ont cependant déclaré ne pas être informés d’une fin des combats. Le groupe « s’exprimera lorsqu’il disposera d’informations fiables et crédibles », a dit l’un de ses porte-parole, Kingabe Ogouzeimi de Tapol.

Le Conseil militaire de transition (CMT) a déjà affirmé avoir vaincu les rebelles sans pour autant empêcher une poursuite des combats.

Après l’annonce de la mort du président Déby tué au front, son fils Mahamat Idriss Déby a pris les rênes du pays à la tête d’un Conseil militaire de transition (CMT). Entouré de 14 généraux, tous fidèles à son père, il concentre presque tous les pouvoirs. Le nouvel homme fort du pays a promis des élections « libres et démocratiques » d’ici 18 mois, période qu’il peut proroger une fois.

Tchadanthropus-tribune avec France 24

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