Cela faisait vingt ans qu’un lion n’avait pas été aperçu dans le parc de Sena Oura, à la frontière avec le Cameroun. L’observation a été faite fin février, grâce à une caméra infrarouge. De quoi redonner un peu d’espoir dans cette région.

Alors que la guerre civile et l’afflux de réfugiés venus du Soudan voisin inquiètent à l’est du Tchad, de l’autre côté, tout en bas, au sud-ouest du pays, à la frontière avec le Cameroun, un petit événement vient de se produire. Dans le parc national de Sena Oura, en pleine savane, une caméra de surveillance équipée d’un détecteur de mouvement a filmé une lionne.

C’était il y a quelques semaines, en pleine nuit : les images infrarouges montrent une jeune lionne, bien musclée, visiblement en pleine santé, qui s’installe devant l’objectif et s’allonge, paisible, les pattes avant croisées l’une sur l’autre, ignorant totalement la présence de la caméra, camouflée dans le bosquet devant elle.

L’apparition est exceptionnelle, complètement inattendue pour l’équipe du parc puisque cela va faire vingt ans bientôt que plus aucun lion, lionne ou lionceau n’a pas été aperçu dans cette zone. Comme le rapporte la Wildlife Conservation Society, la dernière apparition remonte à 2004. Depuis, plus rien. L’intensité du braconnage au début des années 2000 a eu raison de ces grands fauves, chassés, tués pour leur peau, certains enlevés pour être vendus, au point que l’UICN, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature qui recense les populations animales partout dans le monde, a déclaré les lions espèce éteinte dans cette région du Tchad.

Seulement 22 000 lions à l’état sauvage sur la planète

D’où le caractère inattendu de cette apparition nocturne. D’autant qu’il n’y a là aucune intervention humaine. Le Tchad n’a pas tenté de réintroduire des lions sur son territoire, cette lionne est venue d’elle-même, sans qu’on sache pour l’instant pourquoi, depuis quel point de départ et avec quels partenaires éventuels de voyage. Les observations sont en cours, des chercheurs tentent de remonter les traces et l’enquête sera vite faite puisque dans cette partie centrale du continent africain, il y a très peu de lions recensés. À peine 1 000 sur toute la région Tchad, Cameroun, Centre-Afrique.

Au total, la population de grands fauves a baissé de 66% dans cette région depuis 1990. Et globalement, sur toute la planète, on ne compte plus que 22 000 à 24 000 lions dans la nature, l’équivalent du nombre d’habitants de Cahors. C’est justement pour arrêter cette hécatombe que le parc a été créé en 2008, et ce que prouve cette vidéo, c’est que créer des zones protégées ça marche, c’est efficace, et que la nature reprend toujours sa place, si on la lui laisse.

France Info

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