Principal créancier du Tchad, le négociant pétrolier Glencore s’est entouré de conseillers pour négocier un rééchelonnement de la dette de N’Djamena sous l’égide du Club de Paris.

Habitué à négocier à huis clos avec les États (AI du 08/09/21), le géant pétrolier Glencore se prépare à parlementer suivant une nouvelle méthode avec N’Djamena sur un éventuel rééchelonnement du remboursement de la dette accumulée à son endroit par le pays.

Les règles des négociations sont très différentes de celles que pratique habituellement le négociant : le Tchad a en effet demandé que les pourparlers avec ses créanciers, qu’ils s’agissent de pays ou d’entreprises, se fassent sous l’égide du « cadre commun pour le traitement de la dette souveraine » (Common Framework) mis en place par les pays du G20 l’an dernier. En théorie, ce programme-pilote place tous les créanciers d’un État sur un pied d’égalité, qu’ils soient publics ou privés, et les contraint à accepter les mêmes termes.

Pour l’épauler dans ce contexte inédit, Glencore a mandaté la petite banque-conseil londonienne Newstate Partners, fondée par trois vétérans de Houlihan Lokey. Conseil régulier du gouvernement russe, mais également de géants des affaires russes comme Rusal, Newstates a également épaulé quelques pays africains, notamment les Seychelles et, beaucoup plus récemment, le Liberia.

Test grandeur nature du nouveau « cadre commun »

À ce jour, Glencore a seulement accepté de négocier avec le Tchad et n’a donné aucune indication au Club de Paris, qui surveille la mise en œuvre du cadre commun, qu’il acceptait d’être traité selon les termes que N’Djamena a déjà négociés avec ses créanciers souverains, aux premiers rangs desquels la France, la Chine, l’Arabie saoudite et l’Inde (AI du 12/10/21). La firme avait déjà renégocié ses créances sur le Tchad il y a trois ans, en 2018, et avait alors accepté des termes largement favorables à N’Djamena (AI du 06/03/18).

Test grandeur nature de la viabilité du nouveau « cadre commun », les négociations entre Glencore, conseillé par Newstate, et le Tchad, épaulé par Rothschild, sont particulièrement surveillées par les pays du G20, et plus particulièrement par la France. Paris a pesé de tout son poids pour mettre en place ce nouvel instrument de renégociation des dettes souveraines (AI du 10/02/21).

Tchadanthropus-tribune avec Africa Intelligence

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