En chute libre depuis la mi-2014, les cours du brut ont légèrement remonté, le niveau des réserves est à nouveau positif, et le contexte sous-régional moins crispé. Autant de raisons d’espérer de meilleurs lendemains.

« C’est la fin de la convalescence, mais la guérison n’est pas encore complète. » Hamid Tahir Guilim, le nouveau ministre des Finances (MineFi), confirme un léger mieux, tout en soulignant que celui-ci ne sera pas perceptible dans l’immédiat. Nommé le 30 juin à la tête du ministère des Finances et du Budget, l’ex-banquier de 45 ans a obtenu dès le mois d’août – chose rare – la note de cadrage budgétaire pour 2020. Et les défis sont de taille. En deux ans, les « mesures d’urgence » ont permis de réduire la dette intérieure.

Mais le grand argentier sait qu’il va devoir redoubler de prudence et de rigueur sur le plan budgétaire. Ses priorités : limiter les dépenses publiques (en particulier de fonctionnement) et augmenter les recettes (notamment en réduisant les exonérations et en élargissant l’assiette fiscale). Autant d’impératifs impopulaires qui, seuls, permettront de réduire la dette intérieure et d’apurer les arriérés, mais aussi d’accroître les dépenses sociales et les investissements publics.

Tour de vis sur la TVA

Le ministère se prépare à améliorer le recouvrement de divers impôts et taxes à partir de l’an prochain. Et, d’ores et déjà, les entreprises ont été recadrées sur la collecte de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), que l’État a jusqu’à présent du mal à collecter. Ainsi, 84 sociétés publiques et privées ont été répertoriées et sont tenues, depuis le 1er septembre, d’opérer des retenues sur la TVA à la source, avec interdiction d’effectuer des compensations entre elles.

Pour rembourser la dette intérieure, estimée à plus de 1 000 milliards de F CFA (plus de 1,52 milliard d’euros) – elle est en train d’être auditée, afin de prévenir d’éventuelles surfacturations –, le ministère envisage d’ouvrir des discussions avec le FMI lors de sa prochaine revue de programme économique et financier avec le pays, notamment pour étudier la possibilité d’emprunt sur le marché régional. L’objectif est de relancer la consommation et de donner un coup d’accélérateur à la croissance – redevenue positive, certes, mais encore faible.

Jeune Afrique.com

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