Diriger un État avec tout l’aspect déontologique n’est pas facile. Ceux qui ont pris le pouvoir en 1990 l’apprennent aujourd’hui à leurs dépens. Passé les œuvres démagogiques et la vengeance des traitres, nous voilà devant la vérité. Elle nous saisit en plein envol, et le constat est désastreux.

 

Le désastre porte la voix chimérique de la dénonciation. Chose que nous disons depuis des années sur Tchadanthropus-tribune. L’inexistence de l’autorité de l’État. L’éjection volontaire de nos cadres du domaine formés à coût de milliards de FCFA. Et l’émergence d’une société de médiocres, des “chefs“ semi-analphabètes au nom des diverses communautés. Il faut responsabiliser n’importe qui, même celui qui n’a pas fait l’école pour satisfaire une gent en mal d’identité. Cette pratique nous a fait perdre la compétitivité au niveau international et national. Ceux qui ont des vrais diplômes ont été marginalisés au dépens des parents et amis recrutés avec des faux diplômes ou rien du tout.

 

À ce propos, Idriss Déby s’est comporté en vrai directeur des ressources humaines que celui de diriger un État. Il a su étudier les faiblesses des Tchadiens, qui sont l’argent, les postes de responsabilités, même si ces compatriotes n’ont aucune expérience. Aujourd’hui après 28 ans de gouvernance, le constat est grave et il va de l’avenir de notre pays.

 

Monsieur Tahir Souleyman Haggar ex-Président de la Cour des comptes ne mâche pas ses mots et ne va pas par quatre chemins. Voilà ce qu’il révèle à nos confrères de Tchad.com.

Le ministère des Finances est un département technique, ceux qui y travaillent et ceux qui occupent des fonctions doivent avoir une formation et un profil adéquats. Au Tchad ce département est banalisé et a perdu sa qualité technique. En 10 Ans le département a connu 11 ministres, 8 SG, 12 DG des douanes, 10 DG des impôts, 8 DG du Trésor. Dans une telle instabilité comment peut-on faire des résultats. Le Cameroun a connu deux ministres des finances en 10 Ans et qui sont toujours au gouvernement. En termes de résultat, les recettes ordinaires représentent deux fois et demie la masse salariale au Burkina Faso alors que chez nous ces recettes sont à peine suffisantes pour payer les salaires. Le manque des professionnels entraîne un manque à gagner qui varie de 400 à 800 milliards CFA par an. Professionnaliser le ministère des Finances n’est pas une option, mais c’est une obligation si on veut assainir les finances publiques. 

Tchadanthropus-tribune

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