Le dilemme qui se pose à toute opposition armée, à tout changement politique et alternance au Tchad s’appelle Barkhane. Eh oui, vu de l’hexagone Idriss Déby est vu comme le seul rempart contre le terrorisme au Sahel. Il serait le coeur et l’esprit de Barkhane. L’absence de travail de fond, de lobbying de l’opposition tout court a permis l’installation de cette idée en occident. Or, ce qui s’avère faux ce que dans l’âme de toute opposition, Barkhane ne pose aucun problème à un tchadien qui veut la démocratie et l’alternance.

Le pouvoir tchadien est rompu aux propagandes d’index, qui laisse croire que tout soulèvement est du ressort de terroriste. Ce brevet gratuitement octroyé à tout patriote tchadien est fait pour consolider la dictature en place, aidé par les retors et les lobbys militaires qui se sucrent sur le dos des Tchadiens. En effet, le Tchad est vaste, et son territoire présente des intérêts à divers niveaux – stratégies militaires – entrainements des soldats – installations des bases – expérimentation des armes. Le Tchad au cœur de l’Afrique présente une géostratégie qui consiste à surveiller les intérêts territoriaux voisins. Tout cela, et par devers cela, représente des acquis que Barkhane et la France ne veut pas perdre. À l’opposé, aucun démocrate tchadien ne s’oppose à certains points. Les Tchadiens veulent vivre dans un environnement de prospérité, de paix et cela passe par une alternance qu’un régime refuse et impose l’austérité. Ses partenaires le savent et connaissent la situation dramatique de presque guerre civile qui se dessine, mais continuent de soutenir le régime MPS qui ne veut rien changer. Au demeurant, et selon nos informations, Barkhane aide l’armée de Déby à surveiller le périmètre horizontal du BET (Borkou-Ennedi-Tibesti).

Selon nos sources, 7 véhicules furent stoppés le dimanche 30 avril 2017 vers 17 h aux environs de Wour avec 52 hommes la plupart des jeunes en partance vers la Libye. Dans la même semaine, un rapport des renseignements indique que plusieurs dizaines de jeunes partent du Tchad vers le Niger, ensuite vers la Libye. Ces transhumances résultent d’un mécontentement soutenu des Tchadiens envers leur exécutif qui les spolie à tout point de vue. Cela les partenaires du Tchad le savent, ceux qui soutiennent l’autoritarisme actuel le savent aussi. Les mêmes œillères qui n’avaient pas voulu voir venir le génocide au Rwanda le perpétuent malheureusement dans notre pays, car au lieu d’aider à asseoir une vraie démocratie, ils encensent une dictature sous le sceau de l’aspect sécuritaire. Mais à force de précarité, les Tchadiens ne doivent plus accepter ce diktat. L’avenir proche nous le dira… À suivre.

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