Mesdames et Messieurs les journalistes

Le Collectif des Organisations de la société civile (COSC) a suivi avec inquiétude la récente recrudescence de la violence qui a une fois de plus fait de nombreuses victimes et endeuillé des familles tchadiennes.

En effet, l’aviation militaire française a bombardé à plusieurs reprises, une colonne de rebelles tchadiens qui aurait tenté une incursion dans le nord-est du pays. Ces bombardements avaient causé de très grosses pertes en vie humaines tchadiennes.

Cette intervention aux relents de la françafrique est le résultat évident d’une collusion mafieuse avec le système politique actuel connu pour être le garant notoire des intérêts français au Tchad.

Le gouvernement français qui assure nuit et jour le bien-être de son propre peuple envoie ses avions militaires semer la mort dans les rangs des tchadiens. Cette intervention française dans un pays souverain est d’autant plus indécente et contraire au principe du droit international qui fait actuellement débat même au sein de la classe politique française.

Le Collectif des organisations de la société civile (COSC) condamne avec la dernière énergie cet interventionnisme néocolonial français au Tchad et exige l’arrêt immédiat de ce genre d’ingérence inacceptable au 21e siècle, interventionnisme digne des époques que l’on croyait révolu ; nous avions pensé que l’époque où la France installe et chasse des chefs d’état africains du pouvoir au gré de ses intérêts est dépassée et obsolète.

Le gouvernement français en posant cet acte grave a une fois de plus opté résolument pour ses intérêts qui sont assurés par IDRISS DEBY au détriment des intérêts et du bien-être du peuple tchadien.

Il estime que la France fera œuvre utile en aidant les tchadiens à créer un cadre de discussion inclusives et efficace au lieu de s’ingérer dans les affaires internes de leur pays en s’engageant résolument au côté d’un régime politique impopulaire, irrespectueux des droits de l’homme et cela en tuant sauvagement des tchadiens chez eux.

Le COSC n’a pas pour vocation à soutenir une quelconque alternance par les armes ; ses actions qui sont par essence non violentes ne peuvent s’accommoder d’un changement en dehors du cadre légal défini par la loi fondamentale et les autres textes subséquents.

Cependant, il ne tolérera plus désormais ce genre d’ingérences étrangères humiliantes dans les affaires internes de notre pays.  Étant désormais convaincu que le gouvernement français est le principal responsable de notre calvaire actuel.

Face à cette situation, le COSC se réserve le droit d’organiser des actions citoyennes pacifiques et légales si de tels agissements se répètent.

Si le COSC qui est une coalition des organisations de défense des droits de l’homme condamne toute prise de pouvoir par les armes, il condamne tout autant son accaparement et son appropriation par les armes comme le fait M. IDRISS DEBY en sollicitant cet appui militaire étranger extrêmement aliénant pour la souveraineté nationale.

C’est ainsi que le COSC pour mettre fin au calvaire subi par le peuple tchadien réitère sa position de l’organisation d’un dialogue inclusif dans un cadre neutre où toutes les forces vives du pays y compris les opposants armés débattront en toute souveraineté de tous les problèmes qui minent leur pays. Cette proposition avait été faite en son temps par notre regroupement lors du forum organisée par le gouvernement pour le passage en force à la 4ème République.

D’autre part, au lieu de continuer à qualifier la moindre contestation d’acte terroriste, le gouvernement ferait mieux de penser à instaurer la justice sociale, la bonne gouvernance, la gestion saine et transparente des ressources publiques et accepter un dialogue inclusif afin de régler tous les problèmes et éliminer ainsi toute contestation par les armes.

Par ailleurs, le COSC est surpris par le discours tenu le 9 Février 2019 du Secrétaire Général du MPS qui s’est apparemment trompé d’époque. Contrairement aux allégations de Mr Déby à France 24, le 10 Février 2019, le peuple tchadien ne peut en aucune façon cautionner cette forfaiture.

En effet, ce nostalgique des régimes de dictature passés a dans une intervention qui tient plus du délire que d’une déclaration cohérente menace de dissolution tout parti politique qui se prononcerait sur les bombardements aériens de l’armée française.

Le COSC estime que ces gesticulations hystériques et revanchardes sont inutiles et dangereuses : en effet, elles sont inutiles car elles n’intimident personne et elles sont dangereuses parce qu’elles concourent à l’anéantissement de ce qui reste de démocratie dans ce pays. C’est pourquoi, le COSC demande au Secrétaire Général du MPS de cesser de se ridiculiser en se comportant comme s’il était dans un système de parti unique ; il le met donc en garde contre des rhétoriques démodées et dangereuses pour la sérénité du climat politique tchadien. Pour se mettre en valeur et plaire à son maître, le Secrétaire Général du MPS aurait mieux fait de trouver autre chose que ces diatribes usées et d’un autre âge.

Fait à N’Djamena, le 12 Février 2019

Nous vous remercions de votre aimable attention.

Collectif des Organisations de la Société Civile (COSC)

66267981, 66294085, 66727794, 66862166, 66284014

Tchadanthropus-tribune

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