Le parti Conseil National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD), réuni en session extraordinaire, informe l’opinion publique nationale et internaüonale que ce lundi
17 juin 2Ot9,le président Abakar Tollimi, ainsi que le Général Mahamat Nouri Allatchi et Abderamane Abdelkerim Abdoulaye ont été arrêtés et placés en garde vue à Paris. Selon les médias, ils sont soupçonnés de crimes contre l’humanité commis au Tchad et au Soudan entre 2005 et 2010.

Le Conseil National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD) est extrêmement préoccupé et indigné par ces interpellations injustifiées d’opposants tchadiens, une première en France dont les forces sont intervenues militairement plus d’une fois au secours du régime tchadien.

Le CNRD condamne fermement cette manæuvre poliüque dont le but inavoué est de décapiter la résistance poliüco-militaire de ses figures de proue afin de perpétuer le règne du président ldriss Déby qui s’enfonce, chaquejour, toujours plus dans une

spirale autocratique et despotique, ne laissant aucune place l’opposition pacifique.

Même si, nous autres démocrates, croyons encore un changement pacifique du pouvoir au Tchad, beaucoup de nos compatriotes, en désespoir de cause, choisissent la voie de la lutte armée comme l’a fait Déby lui-même, le 1er avril 1989. Ainsi depuis 1990, les rébellions armées se succèdent au Tchad et ces trois réfugiés poliüques qui vivent en France sans interruption depuis 2010 ne sont que des anciens chefs rebelles parmi tant d’autres.

Les accusations basées sur des allégations mensongères du gouvernement tchadien ne peuvent pas être crédibles car toutes les institutions de notre pays sont corrompues et sont au service d’un seul homme. S’il y a eu effecüvement d’exactions commises durant les années de guerre au Tchad et s’il y a eu une armée qui a recruté massivement des enfants soldats, c’est certainement l’armée clanique de Déby dont les multiples exactions sont régulièrement dénoncées ces derniers temps dans les médias. Tous les N’Djaménois se souviennent encore des atrocités perpétrées en 2008 par des « Toro-Boros » soudanais, acheminés par avion depuis la Libye pour voler au secours du régime, sur des femmes et des enfants de rebelles après leur fuite de la capitale tchadienne.

En réaffirmant son attachement au respect des lois et règlements de la République sur lesquels se sont toujours fondées ses actions, Ie CNRD exprime sa confiance en la justice de la patrie des Droits de l’homme pour la défense des droits fondamentaux de ces trois exilés. Aussi, nous appelons les militants, sympathisants et alliés du CNRD à faire preuve de calme et de retenue.

La solution à la crise tchadienne passe par un dialogue inter-tchadien inclusif, constructif, franc et sincère pouvant conduire à la réconciliation nationale entre tous les fils et filles de la nation.

La France qui partage avec le Tchad une longue histoire commune est attendue pour apporter son appui aux iniüaüves en vue d’un règlement politique et pérenne de la crise. Sans dialogue, il y aura toujours des rébellions au Tchad jusqu’au changement du régime par la force avec tous les risques d’une guerre civile. Et aucun bombardement des colonnes de rebelles et aucune arrestation des anciens chefs rebelles ne peuvent arrêter un peuple qui a décidé de se libérer.

C’est pourquoi, nous réitérons notre appel pour l’implication et l’appui de la France, des États- Unis, des Nations Unies, de I’Union Européenne, de l’Union Africaine et de tous les pays amis du Tchad pour que tous les acteurs tchadiens s’engagent dans un processus de dialogue inclusif.

Fait à Paris, le 18 juin 2019
Pour le Bureau Exécutif du
CNRD,

Le Secrétaire général,
Dr Moussa Pascal Sougui

Déclaration du CNRD PDF

 

 

 

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