A N’djamena, de nombreux incidents de ce genre ont déjà eu lieu dans le périmètre de sécurité du palais. Autrement dit, les français ne pouvaient l’‘ignorer. Alors dans ce cas, ils ont voulu savoir et tester la riposte de la garde présidentielle contre eux. Tester une riposte, cela sert à quoi ? Cela sert en cas de coup. La riposte est-elle immédiate, forte ou bien est-elle hésitante et précédée d’alertes : ce qui donne le temps d’agir.

L’embarras des autorités françaises est total.

D’abord, ils ont mis la pédale très douce, presque étouffé l’information. Et ils ont même rédigé un communiqué conjoint avec le ministre des Affaires Étrangères du Tchad. Il faut souligner que c’est bien la première fois qu’une telle démarche est conduite. Elle est révélatrice de leur grande gêne. Que dit le communiqué ? Il est laconique et son silence sur de nombreux points est une mine d’informations quant à l’état d’esprit des français qui marchent sur des œufs et ont bien compris le ratage complet de leur opération dévoilée lors de sa phase de préparation.

Le communiqué, à n’en pas douter, a été rédigé par l’ambassade de France. Ce qui frappe d’abord c’est qu’on évite de dire que ce sont des militaires français de l’opération Barkhane qui se sont déployés vers le palais. On a préféré le terme « personnel de sécurité » sans donner leur identité et dire que ce sont des militaires français.

Ensuite, aucune information n’a été donnée sur les objectifs de leur mission. Quel est l’ordre de mission qui a été donné en quittant la base Barkhane vers le palais ? Esquive à nouveau, on a préféré éviter la gênante question; pour dire qu’une enquête va être menée. On comprend pourquoi, le Haut Commandement de l’Opération Barkhane n’a pas pu dire un mot sur cette affaire délicate, mieux, on l’a écarté pour faire intervenir l’Ambassadeur de France, autorité politique. Pourquoi? Parce le Chef des militaires français de Barkhane ne pouvait pas dire qu’il ne savait pas quelle mission a été confiée à ses hommes, sortis de la base avec des véhicules très bien équipés pour venir filmer le palais avec des caméras spéciales et ont été pris le doigt dans le pot de confiture.

Inutile de dire que les éléments de la garde présidentielle qui ont immédiatement tiré sur les militaires français, ont été félicités et récompensés par Idriss Deby et leur supérieur. L’alerte est au maximum et malgré le ton calme du communiqué, dans les milieux politiques du pouvoir et dans l’armée tchadienne, les vieux démons contre les français et leur pratique de barbouzes sont bel et bien de retour. On se rappelle que pour faire le coup d’Etat contre Moussa Traoré, des missions de préparation avaient révélé que des militaires blancs étaient immédiatement repérés et suscitaient une alerte de la sécurité. Alors le jour J, pour agir et soutenir Toumani Touré, ce sont des véhicules pleins de militaires français noirs originaires des Antilles qui ont donné l’assaut contre le palais du président malien.

Les Français cherchent-ils à mettre fin au règne de Deby par un coup contre son palais ? Sous quelle forme ce coup en préparation sera t-il mené ?
Les rumeurs dans la capitale vont bon train.

La rédaction de Zoomtchad

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