Que la visite de Marine Le Pen au Tchad mette François Hollande et son équipe dans une colère noire est la dernière chose à laquelle on s’attendait. C’est pourtant le cas, en partie à cause de l’accueil chaleureux qui lui a été réservé.

Idriss Déby souriant largement comme le fait un Africain qui reçoit un hôte de marque. L’image aurait pu passer inaperçue, sauf que le président tchadien ne reçoit pas un hôte ordinaire. Son invitée du jour n’est autre que Marine Le Pen, la présidente du parti nationaliste aux thèses si nauséabondes. La fille de Jean-Marie Le Pen qui a pris les rênes du parti fondé par son raciste de patriarche a été reçue dans la résidence privée de Déby, mais également dans son fief d’Amdjarass. Du côté de l’Elysée comme au niveau du Quai d’Orsay (ministère des Affaires étrangères) ou encore à l’hôtel de Bienne (ministère de la Défense), on continue à faire la moue envers Idriss Déby, le président tchadien. En effet, Déby est le grand ami de la France, comme certains aiment à le désigner, c’est également un allié de la France et des Etats-Unis dans la région du Sahel en matière de défense.

Il est donc normal que François Hollande et ses ministres considèrent son attitude vis-à-vis de la leader du Front national (FN) comme une trahison. Jeune Afrique qui donne l’information cite un haut fonctionnaire qui affirme que “Déby est l’un de nos alliés majeurs sur le continent, et nous n’avons jamais été ingrats avec lui. Nous avons été choqués et meurtris”.

Les autorités françaises iront-elles jusqu’à exprimer leur agacement en public? Rien n’est moins sûr, car ce serait faire preuve de condescendance. Alors que l’Elysée crie partout que la Françafrique et ses réseaux avaient pris fin. Ce n’est pas tout à fait vrai, puisqu’en réalité ce réseau est simplement passé du public au privé et profite plus que jamais aux grandes entreprises comme Total, Alstom, etc.

De toute manière, Déby est connu pour sa liberté de ton et d’esprit. L’homme de Ndjaména s’est plusieurs fois exprimé contre le franc CFA, appelant à ce qu’on mette fin à un système qui freine le développement des 15 économies d’Afrique francophone.

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