Arrivé lundi dernier dans la capitale française à l’invitation du président français Emmanuel Macron, le dictateur tchadien n’a pas lésiné sur les moyens pour casser les pressions autour de lui. 1er acte, 1ers faits, d’après nos sources, un lobby bien constituer (Franck Paris & Jean Yves Le Drian) ont rencontré la délégation américaine à sa tête le conseiller à la sécurité de Donald Trump. Mais le travail fait par le français (Jean Yves Le Drian) bien connu dans les méandres de la françafrique a permis et convaincu l’officiel américain d’accepter de rencontrer Idriss Déby. L’audience qui s’est déroulée dans l’enceinte de l’hôtel des collectionneurs entre les 2 hommes avait tourné autour des sanctions que les États-Unis observent vis-à-vis du régime Déby et par ricocher le peuple tchadien. Des promesses, et prises de rendez-vous, rien de concret n’est sorti de cette entrevue qui a seulement servi aux médias de la dictature de s’en donner à cœur joie.

 

Après le sommet sur l’environnement et le climat, Emmanuel Macron a sonné le glas des décisions sur le problème des migrants. Après les annonces d’Abidjan au sommet Afrique Europe, il a réuni à Paris les chefs d’État des pays du G5 Sahel. Si les financements du projet étaient prometteurs, une certaine rivalité entre certains pays s’est installée dans la configuration des forces. L’opinion de la société civile quand elle, n’approuve pas une intervention militaire en Libye, sans pour autant identifier les problèmes à la source, c’est à dire indexer les dictatures qui officient grâce à la même France, qui ferme les yeux sur les répressions des populations africaines, et qui ne permet point l’assise de démocratie dans leurs pays. Toutefois, les décisions prises à Paris seront dans l’optique de constituer une task force d’intervention militaire en Libye avec des divers financements.

 

Même si le gouvernement de Sarraj (Tripoli) a donné son accord par rapport aux migrants et la traite des Africains, beaucoup d’observateurs ne voient pas comment une force militaire interviendrait en Libye, à la vue de sa configuration actuelle, découpée en plusieurs groupes armés.

 

Pour Idriss Déby, cette intervention est une aubaine, car il tient à cœur de vouloir porter l’estocade aux rebelles tchadiens installés aux confins du Sud libyen. Selon ses proches, Idriss Déby devrait faire d’une pierre deux coups. Mais, tous les groupes armés rebelles tchadiens le savent et prennent en compte les décisions de Paris et du G5 adoubés par la France. “Nous n’avons rien à voir avec le cadre de cette intervention “ affirmait un responsable rebelle à la rédaction. “Notre problème, les français le savent, c’est l’aspect non démocratique du pouvoir au Tchad “, conclut-il.

 

Idriss Déby à Paris a joué son va-tout, multipliant les démarches pour mettre tout le monde dans sa poche, à expliquer à tout va qu’après lui le Tchad entrerait dans une guerre civile.

 

Si certains partenaires du Tchad lui ont tendu l’oreille, beaucoup sont sceptiques et ne tiendraient plus l’homme de N’Djamena en confiance. Ils l’ont vue sur la gestion du pays, ils l’ont aussi vue sur l’application des conventions signées avec le Tchad, ils l’ont aussi connue sur l’aspect échanges des relations internationales, car l’homme d’Amdjaress ne tient aucune parole. L’opinion internationale quoi qu’on en dise reste mi-figue, mi-raisin, et ça le futur proche nous le dira. Les prises de rendez-vous avec les différents chefs d’État de la sous-région à Paris a permis de parler beaucoup de l’aspect sécuritaire, chose chère à Déby, et aspect propre à la pérennisation de son régime. Mais, l’optique est ailleurs, et les prémices du changement s’annoncent d’une certaine manière ou sinon le pays ira vers pagaille généralisée.

 

Dans la suite de la délégation qui a accompagné Idriss Déby à Paris, beaucoup sont venus pour le décor, d’autres pour leur shopping, et quelques-uns pour un proxénétisme indécent.

 

Idriss Déby a aussi emmené avec lui son fils, le commandant de la garde présidentielle (Mahamat Kaka) pour le proposer à la tête de la Task-force qui devrait mener les opérations en Libye. Fort d’une expérience au Mali pendant les combats contre les djihadistes quand le Tchad était intervenu pour soutenir le Mali, Mahamat Kaka a assisté aux réunions de concertations du G5 Sahel avec le soutien du président malien IBK et Mahamadou Issoufou du Niger. Pour le Niger, la contrepartie est qu’Idriss Déby veuille honorer de sa présence au PNDS nigérien organisé au Méridien étoile de porte-Maillot. Ce qui fut fait.

 

Selon nos mêmes sources, les français demeurent concrets quant à la gestion des fonds. Tous les fonds alloués à cette force en constitution, seront rétribués par une organisation mise en place par les instances françaises. C’est à comprendre qu’on ne veuille faire confiance sur la gestion financière qu’auraient à faire certaines autorités africaines, surtout tchadiennes, car l’exemple des salaires des militaires tchadiens au Mali sous drapeau de l’ONU résonne encore dans les mémoires.

 

Les opérations du G5 Sahel sont prévues au printemps 2018. Les financements (100 millions de dollars de l’Arabie Saoudite, 50 millions d’euros de l’Union européenne, 60 millions de dollars des USA, 30 millions de dollars des Émirats arabes unis) devront servir à lancer la mise en place de cette force qui sera opérationnelle en mars 2018. Emmanuel Macron voudrait aller vite, mais ce sera autant difficile face à l’imbroglio qui existe dans la zone et en Libye.

 

Pour le reste de la délégation, hormis les 2 réunions importantes sur l’environnement et le G5 Sahel, plusieurs étaient allés faire leurs courses domestiques – achats de petits matériaux chez les Chinois d’Aubervilliers, quelques bibelots placent de la République et l’envie d’aller remplir la panse chez les Grecs derrière les Champs Elysées.

 

Comme nous le disions dans nos précédentes publications, l’ex-DG de l’ANS Djiddi Saleh s’est retrouvé à l’étroit. Personne n’ose sortir avec lui dans un véhicule hors corps diplomatique, par peur de se faire prendre par la police à cause de ce fameux mandat d’emmener qui plane sur lui depuis un dépôt de plainte à son encontre. L’ambassade de France à N’Djamena à bien fait savoir à la présidence des Itno, du risque qu’il encourt une fois à Paris. Sur place, selon nos informations, Djiddi Saleh ne pouvait faire 200 mètres hors périmètre de l’hôtel seul. Ses sorties ne sont qu’officielles, sinon aucun déplacement privé. Lui même s’en offusquait dès qu’il se trouve à découvert, croyant de facto que la police française l’épie et guette l’occasion de lui mettre les menottes. Voilà un pan qui devrait servir d’exemple à tous ceux qui se croient arriver à un stade parce qu’ils ont le pouvoir, et que par lui ils avaient un droit de vie et de morts sur les citoyens tchadiens.

 

Accompagnés de ses enfants, comme il est venu, Idriss Déby et sa cohorte sont repartis vers le Tchad samedi dernier vers 11 h 30. Dans les travées de cette même délégation, il se murmure un changement de cabinet dans bientôt, et une réorganisation du gouvernement dans les jours à venir. Les Tchadiens aviseront.

 

Tchadanthropus-tribune

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